Triple Play
Par Maryam RAZZAGHI, Bruno ROUVIO et Mathieu SANTEL LEBORGNE
1 - Introduction
2 - Triple Play par ADSL
2.1 -
La technologie ADSL
2.2 - La
Set-Top-Box
2.3 -
Accès à Internet
2.3.1 - Connexion à l'abonné
2.3.2 - Connexion à la Set-Top-Box
2.3.3 - Débit IP
2.4 -
Téléphonie
2.4.1 - POTS
2.4.2 - Voice over IP
2.4.3 - Voice over ATM
2.5 -
Télévision par ADSL
2.5.1 - Fonctionnement
2.5.2 - Bande passante et encodage
2.5.3 - Vidéo à la demande
3 - Triple Play par câble
3.1 - Origine
3.2 -
Hybride Fiber Coax
3.3 - Modem
Câble
3.4 - DVB/DAVIC
3.5 -
DOCSIS et PacketCable
4 - Offres des différents opérateurs
5 - Evolution
5.1 - WiMax
5.2 -
UMA (Unlicensed Mobile Acces)
6 - Conclusion
7 - Discussion autour de la
documentation
8 - Suivi du document
Les FAI (Fournisseur d'Accès Internet)
proposent depuis maintenant près de deux ans de nouvelles offres. Il s'agit
d'offres « Triple Play » qui permettent à l'utilisateur de bénéficier d'un accès
Internet haut débit, de la téléphonie et de la télévision par Internet.
Après avoir réalisé une présentation
générale de cette technologie, une présentation plus spécifiques des différentes
technologies utilisées sera réalisée. Puis nous exposerons les différentes
offres proposés actuellement par les FAI. Ce document sera clôturé par une
présentation des évolutions possibles de cette technologie.
L'ADSL (Asymmetric Digital Subscriber
Line) est la technologie la plus utilisée actuellement pour l'accès à Internet
par les particuliers. Bien que ça ne fut pas historiquement sur ce type de
technologie que les offres Triple Play ont été développées, c'est aujourd'hui le
premier fournisseur de ce genre d'offres.
Avant d'expliquer le fonctionnement de
ces offres via ADSL, nous allons effectuer une brève description de cette
technologie.
L'ADSL est une technologie développée
pour pouvoir faire passer des données informatiques au travers des lignes
téléphoniques (cela permet alors de réutiliser un réseau de câble déjà
existant). Pour ce faire, elle utilise les bandes de hautes fréquences, non
utilisées par la téléphonie (300-3400Hz), en utilisant des techniques de
multiplexage et de modulation adaptées aux lignes téléphoniques. Le fait
d'utiliser les fréquences hautes de la ligne téléphonique implique cependant
l'utilisation d'un filtre de part et d'autre de la ligne téléphonique afin que
les signaux de téléphonie ne viennent pas perturber les signaux ADSL (et
inversement).
Les flux sont asymétriques, ce qui
signifie qu'en ADSL, un abonné peut envoyer des données (voie montante) à un
débit plus faible qu'il peut en recevoir (voie descendante). Cela est
particulièrement adapté à une utilisation de la connexion par un particulier qui
reçoit plus souvent des données qu'il n'en envoie (bien que l'asymétrie de l'ADSL
soit plus dû à une contrainte technique qu'à un réel choix).

L'ADSL a permis d'obtenir des débits de
10 à 500 fois plus importants que les précédentes techniques d'accès à Internet
pour particuliers (V92: 56kbps ; ADSL2+: 25Mbps), offrant alors la possibilité
aux FAI de proposer d'autres services que l'accès à Internet, comme c'est le cas
avec les offres Triple Play.
Les offres Triple Play par ADSL sont
exclusivement proposées aux abonnés dégroupés. Le dégroupage est une modalité
technico-économique pour ouvrir rapidement le réseau local de télécommunications
à la concurrence. Il permet aux FAI de disposer d'une partie (dégroupage
partiel) ou de la totalité (dégroupage total) des bandes de fréquences de la
ligne téléphonique, et ainsi, de faire passer des débits beaucoup plus important
que sur des lignes non dégroupées. Pour exploiter ces bandes de fréquences, ils
doivent cependant installer leurs propre appareils dans les centrales
téléphoniques.
En France, à l'heure actuelle, les
abonnés dont la ligne téléphonique n'est pas dégroupée ne peuvent, au mieux, que
bénéficier d'un débit de 2Mbps, ce qui n'est pas suffisant pour faire passer des
flux audio/vidéo.
Les débits proposés par l'ADSL sont des
débits idéaux, car l'ADSL est très sensible à l'atténuation des lignes
téléphoniques. Ainsi, plus une ligne sera longue entre un abonné et son central
téléphonique, et moins le débit qu'il pourra obtenir via l'ADSL sera grand. De
même si la ligne est abîmée, ou qu'elle comporte des dispositifs électroniques
(ex: les anciens condensateurs en fin de ligne qui servait à l'opérateur
téléphonique pour tester la ligne à distance).
Cette contrainte est très pénalisante
pour les offres Triple Play (et notamment pour le flux vidéo qui demandent
beaucoup de bande passante), et ne peut être améliorée dans les futures versions
de l'ADSL. Les offres Triple Play complètes sont donc réservées aux abonnés
habitant relativement près de leur central téléphonique (max: 2,5km).
La Set-Top Box (STB) est un appareil que
les FAI ADSL fournissent (parfois gratuitement) à leurs abonnés pour pouvoir
bénéficier des offres Triple Play. Il s'agit d'un boîtier qui se connecte sur la
ligne téléphonique, et qui dispose au minimum d'une sortie télévision (prise
Péritel ou RCA), d'un connecteur téléphonique (RJ11 ou prise téléphonique), et
d'un connecteur Internet (RJ45, USB, WiFi, etc.).

La STB est en quelque sorte un
mini-ordinateur capable de communiquer via ADSL avec le FAI, et de proposer des
services avancés aux abonnés.
Certaines STB disposent de services
supplémentaires (parfois payant) comme des fonctionnalités de partages de
connexion Internet (routage IP/NAT), de lecteur multimédia (à destination de la
télévision), de streaming multipostes (i.e., recevoir plus d'une chaîne de
télévision), etc.
L'accès à Internet est le premier type
de service qui a été proposé à travers l'ADSL. Les autres services d'une offre
Triple Play par ADSL étant dépendant de celui là, nous allons nous intéresser au
fonctionnement de ce service dans un premier temps.
La connexion entre l'utilisateur et la
STB peut généralement s'effectuer de trois façons différentes:
-
Connexion USB: il s'agit d'une
liaison série qui permet à l'utilisateur de connecter directement son
ordinateur à la STB. Elle ne spécifie aucun protocole de communication
particulier à utiliser. Cependant, la communication avec la STB se fait, la
plupart du temps, en utilisant soit le protocole ATM, soit le protocole
Ethernet. Il se peut aussi que la STB ne fonctionne que comme un modem ADSL
classique en utilisant ce type de connexion, obligeant alors l'utilisation
du protocole PPP au dessus d'ATM (PPPoA) ou d'Ethernet (PPPoE) dans ce cas.
-
Connexion Ethernet: il s'agit en
fait d'une connexion Fast Ethernet (100 Mbit/s) qui permet à l'utilisateur
de se connecter à la STB au moyen d'une carte réseau.
-
Connexion WiFi: la plupart du temps,
il s'agit d'un module optionnel payant qui permet à l'utilisateur de se
connecter à la STB au moyen d'une connexion sans fils, type 802.11b/g.
Bien évidemment, le protocole réseau
utilisé ici es t le protocole IP. Sa configuration au niveau de
l'ordinateur de l'utilisateur est effectuée à l'aide d'un serveur DHCP, soit
implémenté dans la STB,
soit se situant dans les locaux du FAI.
En général, les FAI ne procurent qu'une seule adresse IP par abonné (l'abonné
peut cependant en
obtenir d'autre en payant, mais ce n'est pas fréquent avec tous les FAI). Cette
dernière peut d'ailleurs
changer dans le temps (IP dynamique), mais étant donné la nature quasi
permanente des connexions
ADSL, les IP dynamiques n'offrent aucun avantage aux FAI.
Pour partager la connexion Internet entre différent ordinateurs, il existe
généralement deux
solutions:
-
soit la STB permet d'effectuer du routage IP (et plus précisément, du routage
NAT), et dans
ce cas, il suffit de la configurer de manière à ce qu'elle partage la connexion
Internet (ou, plus exactement, qu'elle partage l'adresse IP publique de cette
connexion). Si on veut pouvoir se connecter en Ethernet à Internet, il faut
alors prévoir des appareils de partage du lien Ethernet (hub ou switch). En
WiFi, le lien est naturellement partagé. Enfin, en utilisant la connexion
USB, on doit posséder un appareil qui fasse la passerelle entre le lien USB
et un lien réseau (principalement Ethernet), et qui soit compatible avec les
drivers USB de la STB. Cela ne peut bien sur pas fonctionner si la connexion
à Internet dépend du protocole PPP. Ce type de partage de connexion permet
de pouvoir utiliser en même temps les trois types d'accès à la STB pour se
connecter à Internet.
-
sinon, on doit utiliser un appareil
externe à la STB capable d'effectuer le routage NAT. Cela peut être un
appareil dédié, ou un ordinateur. Là cependant, on ne peut plus utiliser
qu'un seul des trois type de connexion à la STB pour accéder à Internet.

La STB est connectée à la ligne
téléphonique de l'utilisateur. A l'autre bout de la ligne téléphonique se trouve
le DSLAM qui a pour tâche de faire la passerelle entre les équipements des
utilisateurs (via la STB) et le réseau du FAI. Le DSLAM se situe au niveau du
central téléphonique local (plus techniquement appelé le Noeud de Raccordement
Abonné), et peut être un équipement appartenant au FAI ou à l'opérateur
historique, France Télécom (cela dépend du niveau de dégroupage de l'abonné). Un
même DSLAM est connecté à un ensemble d'abonnés (du même FAI). Le nombre
d'abonnés par DSLAM varie en fonction du fabricant (ex: 1008 abonnés par DSLAM
pour Free).
La communication entre la STB et le
DSLAM est effectuée en utilisant la technologie ADSL. Cette technologie
provenant des télécommunications, elle implique quasiment tout le temps
l'utilisation du protocole ATM au dessus, ce dernier étant suffisamment simple
pour être implémenté facilement dans des appareils de télécommunication et
offrant une très bonne gestion de la QoS. Dans le cas d'une offre Triple Play,
il peut aussi s'agir d'une extension du protocole ATM qui est utilisée (RFC
2684), afin de permettre le transport de plusieurs flux (protocoles) différents
via ATM. Ces flux sont généralement au nombre de quatre: un pour les données
audio (téléphonie), un pour les données vidéo (télévision), un pour les données
Internet, et un dernier pour les données de contrôle des trois flux précédents.
Enfin, au dessus d'ATM, on peut trouver
un certain nombre de protocoles, mais pour ce qui nous intéresse (l'accès à
Internet), il s'agit bien évidemment du protocole IP (qui peut être encapsulé
dans de l'Ethernet chez certains FAI pour faciliter l'interfaçage avec le réseau
interne de ces FAI).
Le DSLAM peut contenir certains services
IP, comme un service DHCP par exemple, pour configurer les STB. Ça n'est
cependant pas courant.
La connexion entre le DSLAM et le réseau
du FAI est effectuée à l'aide d'une ou plusieurs fibres optiques. A ce niveau,
les technologies utilisées sont SDH ou DWDM, couplées à un protocole pouvant
supporter le très haut débit, type ATM ou Gigabit Ethernet. Dans ce dernier cas,
les fonctions de routages sont effectuées par la pile TCP/IP, le protocole IP
étant inévitablement utilisé dans tous les cas pour pouvoir interagir avec
Internet et les services IP du FAI (e-mails, newsgroup, proxy Web, etc.).

Le débit en ADSL dépend du contrat de
l'abonné, mais surtout, de la distance entre l'installation de l'utilisateur et
le central téléphonique où se trouve le DSLAM auquel il est connecté.
Actuellement, cela va de 128 kbit/s à 25 Mbit/s (ADSL2+) pour le flux descendant
(download), et de 128 kbit/s à 1 Mbit/s (ADSL2+) pour le flux montant (upload),
sachant que seuls les utilisateurs habitant prés de leur central téléphonique
peuvent bénéficier des meilleurs débits. Les limites de débits par utilisateur
sont effectuées au niveau du DSLAM.
Ainsi, en ADSL, le débit vendu n'est que
rarement garanti. De plus, il est spécifié par un débit ATM, qui ne correspond
pas au débit IP, et, de fait, encore moins au débit utile disponible pour
l'utilisateur.
On notera enfin que la totalité du débit
ADSL vendu n'est pas totalement dédié à l'accès à Internet dans une offre Triple
Play. En effet, ce débit est partagé entre le flux de données (Internet), le
flux audio (téléphonie) et le flux vidéo (télévision), sachant que ce dernier
est extrêmement gourmand. Ce partage est cependant adaptatif, c'est à dire que,
tant qu'un flux est tout seul à utiliser la connexion, il peut jouir de la
totalité du débit (c'est une spécificité d'ATM).
La téléphonie au travers d'une ligne
ADSL (parfois nommée Voice over xDSL) peut être effectuée de plusieurs manières,
même si aujourd'hui, les FAI ADSL semble tous adopter la même technologie pour
mettre en place leurs services de téléphonie.
Le Plain Old Telephone Service
correspond en fait à la façon traditionnelle de faire de la téléphonie,
c'est-à-dire, en se servant classiquement des fréquences basses de la ligne
téléphonique de l'abonné pour y faire passer de la voix de manière analogique.
C'est un système encore utilisé par les opérateurs téléphoniques, et qui, dans
le cas de l'ADSL, est une façon logique de transporter de la voix, les lignes
téléphoniques ayant été prévues initialement pour cela. Les conversations
téléphoniques sont alors possibles sans ajout de matériel spécifique chez
l'abonné, et sont directement transmises par le RTC classique (via le réseau
d'un opérateur de téléphonie).
Fournir un service téléphonique de ce
type nécessite d'avoir accès aux fréquences basses de la ligne téléphonique.
Cela n'est possible que si le FAI a effectué un dégroupage total de la ligne
téléphonique de l'abonné, ou si le FAI est en plus un opérateur de téléphonie
alternatif.
Aujourd'hui, seuls les opérateurs de
téléphonie qui se sont lancés par la suite dans la proposition de services
Internet utilisent encore ce système. Les FAI qui ne proposaient pas
initialement de services de téléphonie ont quant à eux préférés ne pas avoir à
utiliser directement le RTC pour faire passer leurs services de téléphonie (et
donc, payer les services d'un opérateur de téléphonie), mais plutôt, utiliser
leur réseau informatique interne pour réduire les coûts.
La voix sur IP est un mécanisme qui
permet de faire passer des conversations audio entre plusieurs appareils
interconnectés entre eux via un réseau informatique supportant le protocole IP.
Dans le monde ADSL, on peut aussi le retrouver sous l'acronyme VoMSDN (Voice
over MultiService Data Networks).
Il se compose essentiellement de trois
modules:
-
un module de numérisation de la
voix, qui a pour tâche de convertir la voix analogique en données numériques
(et inversement), en utilisant éventuellement des algorithmes de
compression.
-
un protocole de contrôle de la
conversation, qui permet d'établir une conversation entre plusieurs
participant, et qui se charge de négocier les différents paramètres de
configuration de cette conversation.
-
un protocole de transport des
données audio, qui encapsule la voix numérisée dans des paquets IP afin de
la transporter à travers le réseau, en utilisant éventuellement un mécanisme de QoS.
La VoIP est une technique rentable pour
les FAI, car elle réutilise leur réseau interne (initialement destiné aux
services Internet) pour faire passer leurs services de téléphonie. De plus, cela
permet de supprimer la notion de distance dans le coût des appels téléphoniques
étant donné que le trafic IP n'est pas facturé à la distance, mais à la quantité
de données transférées, et que les réseaux des FAI s'étendent sur la
quasi-totalité du territoire français. Enfin, les circuits électroniques de
numérisation de la voix étant aujourd'hui peu coûteux (du fait qu'il s'agisse
d'une technologie amortie, et qu'ils sont maintenant produit en masse), cela
permet d'inclure directement dans les STB de tels circuits à moindre frais.
Ainsi, c'est ce type de technique qui est presque exclusivement utilisé par les
FAI français pour proposer leurs services de téléphonie.
La VoIP ne reste cependant qu'un
concept, et il en existe aujourd'hui plusieurs implémentations incompatibles
entres elles. Elles fonctionnent cependant globalement avec les mêmes types
d'éléments réseaux:
-
les terminaux: cela peut être soit
un ordinateur disposant d'une connexion IP, soit un
téléphone IP, soit un appareil permettant de numériser les signaux d'un
téléphone classique
(le cas d'une STB par exemple). C'est par eux que les utilisateurs
initialisent et reçoivent les
conversations téléphoniques.
-
les registres: ils permettent d'associer un terminal (via son adresse IP)
à un identifiant plus
simple à utiliser, et connu par les utilisateurs désirant contacter ce
terminal. Cette
association peut s'effectuer à l'aide d'un mécanisme d'identification plus
ou moins complexe.
-
les proxy: ce sont des éléments qui permettent la mise en relation de deux
terminaux qui ne
se connaissent pas (i.e., le terminal appelant ne connaît pas l'adresse IP
du terminal à
appeler). Ils sont généralement liés aux registres (voire confondus), et
peuvent controler les
accès d'un terminal en fonction d'une politique de gestion de droits.
-
les passerelles: elles assurent l'inter-connexion entre un réseau VoIP
spécifique et un autre
type de réseau téléphonique (RTC, VoIP, VoATM, etc.).
-
les unités de contrôle multi-points (Multipoint Control Unit): elles
permettent de gérer les
communications qui comportent plus de deux participants.
Ces implémentations permettent
généralement d'effectuer trois types de conversations:
-
point à point: les terminaux qui veulent communiquer (à hauteur de deux
terminaux
maximum par conversation) se connectent directement entre eux, en effectuant une
phase de
négociation pour déterminer les paramètres de la communication. Un fois la
communication
initialisée, les données (uniquement audio dans le cas de la VoIP) peuvent
circuler entre les
deux terminaux, à l'aide d'un protocole de transfert de données isochrones. Ce
type de
communication nécessite de connaître l'adresse IP du terminal qu'un utilisateur
veut joindre,
ce qui n'est pas toujours possible (surtout quand un des deux participants se
situe derrière un
routeur NAT).
-
point à point, via un proxy: ici, tous les terminaux s'enregistrent avec le
registre afin d'être
associé avec un identifiant connus des utilisateurs susceptibles de les appeler.
Quand un
terminal a besoin d'en contacter un autre, il utilise alors le proxy en lui
donnant l'identifiant
du terminal qu'il veut contacter. Le proxy se sert alors du registre pour
déterminer l'adresse IP du terminaux à joindre, et détermine si ce terminal est
libre et accessible par le terminal appelant. Le cas échéant, la
communication entre les deux terminaux s'effectue en point à point.
-
multi-points: dans le cadre d'une
communication entre plus de deux terminaux, une MCU est utilisée pour gérer
la mise en relation des différents participants. Elle permet de spécifier le
nombre maximum de participants, les débits de la communication,
l'identifiant de la communication, etc. La MCU est utilisée par le proxy. Le
reste de la communication s'effectue de la même manière qu'en point à point,
via un proxy, à ceci près que c'est la MCU qui est le destinataire de tous
les flux (elle les redirige vers les autres participant en utilisant du
multicast IP en général).
Les implémentations actuelles de VoIP
ont été pensées, non pas pour effectuer des conversations audio seulement, mais
pour gérer et transporter des communications multimédia, pouvant comporter
autant de la voix que de la vidéo ou des données (texte, dessins, etc.). Il
existe aujourd'hui deux grandes normes qui sont utilisées pour effectuer de la
VoIP:
-
H.323: cette norme regroupe un
ensemble de protocoles de communication de la voix, de l'image et de données
sur IP. C'est un protocole qui fut développé par l'UIT-T en 1996. Il est
dérivé du protocole H.320 utilisé sur RNIS. Il se base sur le fonctionnement
de la téléphonie classique (de l'époque), et est de fait assez complexe et
très rigide. Il est de plus en plus remplacé par le
protocole SIP, plus
simple à utiliser et bien plus modulaire.
-
SIP (Session Initiation Protocol):
c'est un protocole normalisé et standardisé par l'IETF (RFC 3261) qui a été
conçu pour établir, modifier et terminer des sessions multimedia. Il se
charge de l'authentification et la localisation des multiples participants.
Il se charge également de la négociation sur les types de média utilisables
par les différents participants. SIP ne transporte pas les données échangées
durant la session comme la voix ou la vidéo. SIP étant indépendant de la
transmission des données, tout type de données et de protocoles peut être
utilisé pour cet échange.
La plupart du temps, c'est le protocole
RTP (Real Time Protocol) qui est utilisé pour transporter les données audio, que
ça soit en H.323 (norme d'où provient RTP) ou en SIP. Ce protocole encapsule
les données de la conversation en ajoutant des informations temporelles qui
permettent d'effectuer
une synchronisation temporelle des flux au niveau du récepteur. RTP reposant sur UDP, il ne
permet pas de s'assurer de la fiabilité de la transmission (mais seul UDP peut
être utilisé pour des
applications temps réel, TCP ajoutant une latence non négligeable).
Il peut être associé au protocole RTCP (Real Time Control Protocol) qui permet
d'avoir un retour
de la part du récepteur sur, entre autre, le nombre de données reçues et
perdues, afin d'adapter
dynamiquement les paramètres de la communication, et effectuer ainsi de la QoS.
Les FAI fournissant des services de
téléphonie par VoIP utilisent généralement
le protocole SIP, en
association avec d'autres protocoles de signalétique qui permettent d'adapter
simplement les signaux
de la téléphonie classique (provenant du RTC ou d'un simple téléphone classique)
à des signaux de
contrôles VoIP. Ainsi, on peut par exemple trouver les protocoles SIP-T (Session Initiation
Protocol for Telephones) et MGCP (Multimedia Gateway Control Protocol) dans le
dispositif VoIP
du FAI Free.
Le protocole SIP-T permet d'adapter les
signaux provenant (ou à destination) du RTC pour les utiliser en VoIP, et MGCP
permet d'adapter les signaux provenant (ou à destination) d'un téléphone
classique pour que la STB puisse les utiliser en VoIP, sans effectuer un trop
gros travail de conversion.

Dans le cas de Free, les commutateurs XC
jouent à le fois le rôle de passerelle (vers le RTC ou les réseau d'autres FAI),
de proxy et de registre (en se servant de la base de données des abonnées). Ils
communiquent entre eux à l'aide du protocole SIP-T.
Les STB (appelées Freebox chez Free)
communiquent quant à elles avec un commutateur XC (toujours le même pour une
Freebox donnée) à l'aide du protocole MGCP. Chaque Freebox est associée
(géographiquement) à un commutateur dont elle dépend pour passer et recevoir des
appels.
Les commutateurs ont besoin de
communiquer entre eux pour acheminer un appel, soit en provenance (ou à
destination) d'un autre réseau, soit en provenance (ou à destination) de deux
Freebox ne dépendant pas du même commutateur.
Les données audio voyagent par le
protocole RTP, entre une Freebox et un commutateur, dans le cas d'une
communication inter-réseaux, ou directement entre deux Freebox, dans le cas
d'une communication entre deux abonnés de Free. On notera, dans le premier cas,
qu'un seul commutateur XC est concerné par les paquets RTP: le commutateur qui
fait la passerelle avec le réseau du second participant de la communication.
La VoIP est donc un technique
particulièrement adaptée à la téléphonie dans les offres Triple Play,
de part son faible coût (dû principalement au fait qu'elle ré-utilise le réseau
du FAI) et sa simplicité
d'intégration dans les STB.
La VoATM (aussi connue sous le nom Voice
Trafic over ATM) est une technique qui permet de tirer partie des
fonctionnalités de transport multi-flux de l'ATM. Les DSLAM étant la plupart du
temps reliés par des liaisons ATM au FAI, il peut sembler plus judicieux
d'utiliser de la VoATM pour faire passer le flux audio ADSL plutôt que de se
servir du protocole VoIP. De plus, l'ATM permet de faire de la réservation de
débit, ce que n'offre pas IP, cela pouvant être un gros problème dans les
transferts de type isochrone.
Cependant, en France, la VoATM n'est pas
utilisée par les FAI ADSL qui proposent des services de téléphonie, probablement
pour des raisons d'évolutions improbables. C'est pourquoi cette technologie est
citée ici uniquement à titre informatif, et ne sera pas développée plus (se
référer aux références bibliographiques pour plus de détails, et notamment,
celles de l'IEC).
On notera enfin que cette technologie
reste cependant utilisée par certains FAI américains.
On peut trouver aujourd'hui de chaîne de
télévision en ligne. Ces chaînes transmettent leurs programmes en temps réel.
C'est ce que l'on appelle du streaming accessible grâce à des logiciels
particuliers (le plus souvent Windows Media Player). Il s'agit alors d'un simple
flux disponible sur son écran d'ordinateur. Avec de système il faut posséder à
haut débit constant pour assurer une bonne réception.
La télévision par l'ADSL permet quand à
elle d'accéder à un bouquet de chaîne télévisé directement sur son poste de
télévision.
Sur le câble et le satellite toutes les
chaînes sont transmises aux abonnés. C'est alors au décodeur de faire le tri. Le
fonctionnement est différent par le ADSL. Le débit sur la boucle locale étant
limité, le DSLAM ne transmet qu'une seule chaîne au domicile de l'abonné. Il
n'est donc pas possible de regarder deux chaînes simultanément, ou d'enregistrer
une chaîne sur son magnétoscope pendant que vous en regardez une autre.
Lorsque l'utilisateur veut changer de
chaîne, la set-top-box transmet la demande au DSLAM. Celui-ci à la charge de
sélectionner le bon flux. Mais le DSLAM non plus ne reçoit pas toutes les
chaînes. Il ne reçoit que les chaînes qu'il transmet à ce moment à ces abonnés,
et cela pour ne pas saturer le réseau.
Donc quand un abonné zappe, le DSLAM
vérifie s'il ne reçoit pas déjà la chaîne désirée. Ce serait le cas s'il la
transmet à un autre abonné. Si c'est la cas il duplique le flux pour l'envoyer
aux différents abonnés. Dans le cas contraire il doit aller le rechercher à la
tête du réseau. Cela peut entraîner un délai lors du changement de chaîne.
La set-top-box reçoit enfin le flux
vidéo. Il se charge de le séparer des autres flux éventuellement reçus (Internet
ou téléphonie). Puis le décodeur numérique traduit le signal à la volée. Il
envoie ce signal à la télévision (ou magnétoscope ...).
Avant de délivrer des programmes payant
le DSLAM consulte le serveur de gestion des droits d'accès situé sur le centre
de diffusion, pour vérifier que le client a bien souscrit l'abonnement
correspondant.
La télévision est le service le plus
critique en matière de bande passante pour les offres Triple play de l'ADSL. En
effet elle est gourmande en bande passante, et requiert un débit garanti pour
une bonne visualisation. Il faut donc trouver un compromis entre qualité de
l'image et contraintes dues au débit.
Ainsi les opérateurs réservent environ 4
à 5 Mbps de bande passante pour le flux vidéo, même si le support est utilisé en
même temps pour d'autre technologie (Internet, téléphonie ..). Cette bande
passante allouée à la télévision sur ADSL devrait ainsi permettre d'obtenir une
qualité d'images très correcte.
Le type d'encodage retenue est
généralement le MPEG2. Il permet de diffuser le flux vidéo dans la bande
passante réservé, tout en conservant une bonne qualité d'image. Une compression
trop importante pourrait bien sur entraîner une perte de qualité d'image ou de
fluidité. Ce taux de compression et le débit garanti de 3,5 à 4 Mbps permettent
d'attendre une définition de 576;480 points.
Le passage en MPEG4 est aujourd'hui
envisagé. Cela permettrai d'obtenir une meilleure qualité dans un bande passante
diminué de moitié. Les FAI pourrait alors envisagé de permettre à l'abonné de
recevoir deux chaînes simultanément.
Les fournisseurs de contenu (TPS, Canal
Satellite ou autres) livrent leurs contenues en direct au FAI. Ceux-ci encodent
en direct ces flux audio-vidéo en MPEG2. C'est une partie délicate qui peut être
à l'origine d'une grande perte de qualité. Mais cet encodage est indispensable
pour ramener le flux numérique à des dimensions permettant la transmission via
l'ADSL. Une fois cet encodage réalisé, le flux peut être envoyé sur le réseau.
Le service VOD (Video On Demande)
proposé par les FAI permet à un utilisateur de louer une vidéo sans bouger de
chez lui, et de la visionné à partir de son écran de télévision. L'utilisation
est très simple pour l'abonné .Il peut de sélectionner dans un catalogue les
films, documentaires ou archives télévisuels que lui propose son FAI. Il utilise
pour cela son équipement, connexion et settop-box. Il effectue son choix sur sa
télévision grâce à la télécommande de sa set-top-box. Il peut ainsi sélectionner
une vidéo et la visionner moyennant finance.
Le FAI Propose à ses abonnés une série
de vidéo. Ces vidéos sont détenus par des fournisseurs de contenus, les sociétés
gérant les droits de ces vidéos. Ce sont eux qui sont chargés de la compression
des vidéo. Cet encodage est réalisé en MPEG2 ou MPEG4. Ils peuvent également
réaliser une encryption du flux vidéo, afin de protéger les vidéos contre la
copie. Le plus utilisé pour réalisé cet encryption est la technologie DRM, Data
Rigth Management, de Microsoft. Les fichiers diffusés sont alors cryptés avant
leur diffusion sur Internet. Le client doit posséder une clé, ou licence, pour
le lire. Cette clé est unique et définit l'usage que faire de cette vidéo
l'utilisateur et notamment le nombre de lecture et la durée de validité.
Une fois ces opérations effectuées, le
FAI se charge de l'acheminement de ces flux de donnés vers l'abonné. Grâce à la
technologie Multicast le fournisseur peut alléger la charge de transmission sur
le réseau. Il installera partout sur son réseau des serveurs vidéo relais. Ce
sont des ordinateurs dotés de très grandes capacités de stockage et d'interfaces
très rapides. Ils peuvent envoyer simultanément plusieurs instance d'une même
vidéo vers différents abonnés.
D'après le débit de la ligne deux
techniques peuvent être utilisé par les FAI. Si le débit vers l'abonné est
suffisant la vidéo peut être envoyée en streaming au décodeur. Le client peut
donc lire la vidéo en simultané.
Si le débit est insuffisant le FAI
proposera certain film préalablement envoyé sur le disque dur de l'abonné. Le
fait que les vidéos soient cryptés empêche l'abonné de réaliser des copies de
ces vidéos.
Au début de la séance le client effectue
le règlement. Il reçoit alors une clé de décodage lui permettant de visualiser
le film.
A l'origine le câble a été développé
pour véhiculer des émissions de télévision : il était donc analogique,
unidirectionnel et déployé dans les zones résidentielles. La télévision devenant
numérique les cablo-opérateurs ont voulu suivre. Ils ont alors rapidement voulu
développer leur offre pour offrir à leurs abonnés l'Internet et la téléphonie.
Le câble devient alors bidirectionnel et se déploiera dans le zones
industrielles pour s'ouvrir aux entreprises.
A l'origine les réseaux desservant
l'abonné était constitué de câble coaxiaux TV. Ils ont une impédance de 75 ohms
et offrent une largeur de bande de 400 Mhz environ. Leurs taux d'affaiblissement
est important. Le nombre de répéteur nécessaires au transport du signal viennent
limiter la bande passante.
Afin d'augmenter cette bande passante
une nouvelle architecture a été construite : l'architecture HFC, Hybride Fiber
Coax.
L'architecture HFC combine les deux
supports de transmission que sont la fibre optique et le câble coaxial. Le câble
coaxial est alors utilisé pour le dernier kilomètre vers l'abonné. Cette
architecture s'oppose à un réseau en coaxial de bout en bout et à l'architecture
FTTH, Fiber To The Home, ou seul le dernier mètre est en coaxial.
Le câble était prévu au départ pour
faire uniquement arriver la télévision chez l'abonné. Il fonctionnait donc en
mode half-duplex, du fournisseur vers l'abonné. Les communications dans le sens
inverse n'étaient possible que via une ligne téléphonique. Ce système était
performant pour l'acheminement de la télévision seul. Mais le half-duplex n'est
pas adapté pour les services Internet ou la téléphonie. Les cablo-opérateurs ont
donc largement investi pour passer en full-duplex, en développant des
architectures HFC. Ils mettent ainsi en service la voie de retour de leurs
câbles, qui auparavant servait à la maintenance ou aux tests. Cela permet
d'obtenir des débits de 27 à 36 Mbps en voie descendante et de 320 Kbps à 10
Mbps en voie montante. Ces lignes full-duplex offrent donc à présent des débits
suffisants pour permettre aux fournisseurs de proposer à leurs abonnés Internet
et téléphonie.
Pour l'architecture HFC les artères sont
donc en fibre optique, et la distribution jusqu'à l'abonné passe par du
coaxiale. Le câble coaxial ne sert donc plus que pour le dernier kilomètre au
plus. Un noeud de réseau HFC dessert entre 500 et 1500 abonnés. Au contraire de
l'ADSL la bande passante doit être partagée par tous. Ce système, logique pour
la distribution de la télévision uniquement, peut poser des problèmes de vitesse
de transmission. Ainsi il y a le plus souvent une limitation en download pour
les abonnés.
De plus cela signifie que l'ensemble des
abonnés sur un noeud reçoivent l'ensemble des messages. Pour assurer un minimum
de sécurité des données, il faut donc que l'opérateur crypte ces données et que
seul l'abonné destinataire soit en mesure de le décrypter.
L'avantage de cette solution est de
bénéficier du réseau TV câblé déjà mis en place. Mais ce réseau ce limite aux
grandes agglomérations, et il est financièrement lourd a déployé. La
communication s'effectue grâce à un modem câblé situé chez l'abonné.
Il est indispensable de disposer d'un
modem câble pour pouvoir bénéficier de l'Internet et de la téléphonie via le
câble. En effet les signaux de données numériques sont transmis à travers des
signaux de spectre de fréquence radio sur le câble. Les modems câbles permettent
de convertir les données numériques en signal modulé de fréquence radio et
inversement.
Les modems câbles sont bidirectionnelles
et permettent l'envoie et la réception de données IP en même temps. Ce modems
peuvent atteindre des vitesse de 43 Mbps en montant et 10 Mbps en descendant.
Ils utilisent pour cela des techniques QAM (Quadrature Amplitude Modulation) ou
PSK (Phase Shift Keying).
Le modem câble sert donc de
convertisseur de modulation entre réseaux câblés et réseau Ethernet. Les données
sont transmises sur des fréquences du réseau câblé différentes de celles
utilisées par la TV. Pour transmettre la voix les opérateurs ont choisi de
s'appuyer sur les technologies existantes. C'est
donc via la voix sur IP que s'est implanté la téléphonie chez les
cablo-opérateur.

Les téléphones IP, les fax, les
ordinateurs et les téléviseurs sont reliés a au modem câble via un bus Ethernet.
Un couche application DOCSIS permet de relier le réseau HFC à un réseau IP via
le Headend ou CMTS (Cable Modem Termination System). C'est l'équipement de tête
de réseau. Il est situé dans la station locale et connecte l'ensemble des
abonnés de la zone. Il va donc convertir les données du réseau IP en en signal
radio fréquence pour les transmettre sur le réseau HFC. Il va également procéder
à l'opération inverse. Il permet ainsi de faire communiquer le réseau HFC avec
d'autres réseaux comme Internet ou le réseau CATV analogique. Le CMTS est
l'équivalent du DSLAM pour les technologies xDSL.
Typiquement pour les consommateurs
domestiques la vitesse du flux de données avales est limitée entre 512 kbit/s à
10 Mbit/s, et le flux amont entre 256 kbit/s et 1 Mbit/s. Il faut distinguer
trois types de communication qui se propagent sur un réseau câblé :
-
Downstream Broadcast Channel :
permettant la diffusion de la télévision.
-
Downstream Interactive Channel :
communication de l'opérateur vers l'abonné.
-
Upstream Return Channel :
communication de l'abonné vers l'opérateur.

Les bandes passantes Upstream Return et
Downstream Interactive sont réparties par le CMTS pour les différents abonnés.
La technologie de Digital Video
Broadcast (DVB) et de Digital Audio Video Council (DAVIC) représente le standard
européen pour la télévision numérique. Elles présentent l'interet d'être
conforme aux directives et normes européennes.
La spécification DVD 2,0 appelé
également DVD-RCC (Return Channel for Cable) est standardisé sous la
dénomination ETSS 200800. Le standard s'appuie sur une couche ATM utilisant LLC/SNAP
(RFC 1483) et une couche
d'adaptation AAL5 pour encapsuler les paquet IP (IP switching permettant un
routage IP sur un commutateur ATM). Pour la communication entre le terminal
abonné (STM) et les équipements de la station locale (TDR), il utilise le
protocole de signalisation ATM ou alors un proxy avec DSMCC.
Le consortium CableLabs a été créé en
mai 1988 et regroupe des opérateurs, acteurs ou industriels de la télévision par
câble. Il a établi plusieurs spécifications pour le transport de paquet IP :
DOCSIS et PacketCable.
Le standard américain DOCSIS (Data Over
Cable Service Interface Specification) définit les exigences relatives aux
interfaces des modems câbles utilisés pour la diffusion de données à grandes
vitesse par téléréseau.
En mars 1998 l'ITU (Union Internationale
des Télécommunications) accepte DOCSIS comme standard pour les modems câbles
sous l'appellation ITU J,112 ou DOCSIS 1.0. Pour délivrer les services de
données DOCSIS sur un réseau câblé, un canal de fréquence radio de 6MHz dans la
bande de fréquence 50-750 MHz est alloué pour le trafic descendant et un autre
canal de 6 Mhz dans la bande de fréquence 5-42MHz pour le trafic montant.
Un équipement de tête de réseau CMTS
communique à travers ces canaux avec les modems câbles situés chez l'abonné. Ce
sont des équipement externes qui se connectent aux ordinateurs par
l'intermédiaire d'une carte Ethernet ou d'une interface USB.
DOCSIS emploie la méthode TDMA(Time
Division Multiple Access)/SCDMA(Synchronous Code Division Multiple Access).
Cette méthode d'accès diffère du système d' Ethernet, car le système DOCSIS
n'éprouve aucune collision.
La phase d'initialisation logicielle en
DOCSIS est généralement la suivante (fortement simplifiée) :
-
Le modem envoie une requête DHCP
de façon a connaitre la configuration réseau à utiliser.
-
Le CMTS renvoie son adresse IP
locale (a ne pas confondre avec l'adresse IP de l'ordinateur sur
Internet), sa passerelle, et plus spécifiquement l'adresse IP du serveur
TFTP et le nom du fichier de configuration a aller y chercher.
-
Le modem se connecte au serveur
TFTP et demande le fichier de configuration nommé précédemment. Ce
fichier contient entre autre les informations relative a la vitesse de
connexion du modem, sa priorité sur le réseau, et le nombre
d'ordinateurs autorisés a accéder au modem en même temps.
-
Le modem informe le CMTS qu'il a
bien reçu le fichier, et qu'il est prêt a opérer (phase de
synchronisation).
Après ceci, le ou les ordinateurs
branchés au modem peuvent eux-même demander leurs
informations de connexion via le DHCP, et agir comme sur un réseau local tout a
fait
conventionnel.
En avril 1999 CableLabs a écrit une nouvelle spécification : DOCSIS 1.1. Elle
ajoute quelques
éléments clés par rapport au standard d'origine : qualité supérieurs, systèmes
de sécurité, gestion
priorité des paquets destinés aux communications vocales ... L'objectif est de
supporter la
téléphonie et les autres services temps réel.
Enfin en février 2002 arrive DOCSIS 2.0. Cette nouvelle norme apporte une
symétrie de la bande
passante entre les voies montantes et descendantes. Cette évolution est due à
l'évolution de
l'utilisation d'Internet par les internautes avec les l'avènement du
peer-to-peer, de la voix sur IP, de
la vidéo-conférence ...
La version européenne de DOCSIS s'appelle EuroDOCSIS. La différence principale
est que les
canaux de câble en Europe sont de 8 MHz de large (PAL), tandis qu'en Amérique du
Nord les
canaux sont de 6 MHz de large (NTSC). Ceci permet d'assigner plus de largeurs de
bande à la
circulation de données aval. Il existe également un DOCSIS spécifique pour le
Japon.
Le projet PacketCable a pour ambition d'implanter des services audio et vidéo IP
sur le câble. Ces
services incluent TV, téléphonie, vidéo-conférence, unifiées sur la couche
réseau IP.
Ce projet s'appuie sur plusieurs protocole. Il utilise DOCSIS 1.1 pour le
transport des données sur le
réseau câblé. IPsec doit assurer la sécurité des donnés en dehors du réseau
câblé. H.263 pour la
compression vidéo et G.711, G.726 et G.729 pour la compression audio. Enfin pour
la gestion
centralisée de la signalisation téléphonique inter-réseau CableLabs utilise MGCP.
MGCP (Medio Gateway Control Protocol) permet d'assurer la signalisation des
services de
téléphonie sur les réseaux câblés.
Voici un tableau comparatif des
différents opérateurs proposant du Triple play. Nous avons deux catégories: les
opérateurs proposant du Triple play à travers le téléphone (ADSL), et les
opérateurs passant par le câble.

90 % des français sont abonnés aux
fournisseurs téléphoniques utilisant l'ADSL. En faisant une comparaison des
différentes offres, nous trouvons une offre moyenne pour l'ADSL correspondant à
16Megabit par seconde avec un coût d'environ 30 euro par mois.
En ce qui concerne les offres passant
par le câble, les offres des deux fournisseurs étaient pendant longtemps très
ressemblantes, mais UPC-Noos à depuis peu augmenté le débit de 4Mégabit à
10Megabit. Nous avons une offre moyenne de 7Megabit par seconde de débit avec un
coût d'environ 60 euros par mois.
Nous voyons que les offres ADSL
proposent un débit plus élevé avec un coût inférieur par rapport aux
fournisseurs câble. Mais les facteurs de choix ne s'arrêtent pas la. Le débit de
l'Internet pour les clients ADSL peut changer dans le cas ou ils regardent la
télévision, alors que le débit Internet des offres câble est fixe. Il faut
également prendre en compte l'offre et le débit des différents fournisseurs
proposés selon le lieu d'habitation, ce qui varie beaucoup d'une localisation à
une autre.
Un des grandes évolutions de ces
dernières années est la fusion des technologies telecoms avec celle de
l'Internet dans des offres dites convergentes. En d'autre terme, cela signifie
pour le client une facturation unique, et la possibilité de retrouver les mêmes
services chez lui mais aussi en mobilité (vidéo, musique, communication...)
Depuis le début de l'année 2005, les
offres de convergence se multiplient en Europe et dans le monde. Ces offres sont
basées sur différentes technologies, principalement sur Cell-ID (France, Suisse,
Allemagne) et UMA (Angleterre, Suède et Finlande). NTT DoCoMo, opérateur mobile
au Japon, a lancé une offre entreprise permettant à ses clients d'utiliser de la
VoIP grâce à un terminal bi-mode Wi-Fi.
La technologie Cell-ID permet à un
opérateur mobile de localiser un client (précision de la cellule GSM). Cette
information est utilisée pour une facturation différenciée. Cette solution qui
est "pur mobile" souffre d'un manque de précision en milieu urbain et de coûts
importants de développements. Elle ne répond pas aux attentes en termes
d'intégration et de haut débit mais permet de répondre aux attentes clients
concernant des offres d'abondance domestique. C'est pourquoi on continu à
chercher d'autres solutions de convergence.
Afin d'adapter ces nouvelles
technologies, il est nécessaire de faire évoluer les technologies de réseau sans
fil comme le Wi-Fi ou le WiMAX aux téléphones mobiles.
Le WiMAX (Worldwide Interoperability for
Microwave Access) est l'évolution du Wi-Fi. Cette norme est basée sur le
standard de transmission radio 802.16. Elle a été validée en 2001 par
l'organisme international de normalisation IEEE (Institute of Electrical and
Elecronic Engeneers), et fut poussée par un consortium d'une cinquantaine de
membres, dont Intel, Nokia, Fujitsu, Cisco, Atmel, Siemens, Motorola, Alcatel,
France Telecom, etc.
WiMAX est une réponse pour des
connexions sans-fil à haut débit. Elle porte sur des zones de couvertures de
plusieurs kilomètres, permettant des usages en situation fixe ou mobile. Avec sa
couverture de réseau de 20 km et le débit de 70 Mbit/s, il est par la suite
envisageable de fournir un accès haut débit aux endroits ruraux n'ayant pas l'ADSL
ni le câble.
Il y a très peu de temps, le 12 décembre
2005, l'organisme IEEE a standardisé la variante mobile de la technologie WiMAX,
le WiMAX mobile. Elle a un débit de 30 Megabit/seconde avec une portée de 3-4
kilomètres, ce qui est largement plus que les réseaux téléphonique. Le G3 peut
actuellement transiter entre 400 et 700 Kilobit/seconde et par utilisateur.
C'est la concurrent direct du réseau téléphonique.
Pour le moment les composants
compatibles avec le WiMAX mobile commencent tout juste à être fabriqués. On
estime la sortie en masse des ces composants en 2008. Avec cette technologie on
pourrait peut être un jour remplacer le réseau mobile actuel, à condition
d'avoir une couverture total du pays.
Les licences d'exploitation du WiMAX
sont aujourd'hui en cours d'attribution au niveau régional, sachant que seuls 2
opérateurs pourront se partager une région. C'est l'ARCEP (Autorité de
Régulation des Communications Electroniques et des Postes), anciennement ART
(Autorité de Régulation des Télécoms), qui a pour charge de déterminer les ayant
droits.
Il existe aussi une seule licence
d'exploitation nationale qui a été attribuée à la société Altitude Telecom
(récemment renommée IFW suite à son acquisition par le FAI Free) qui aurait déjà
commencé à déployer son réseau WiMAX avec des équipements « 802.16e ready ».
Une Autre évolution se fait au niveau
des services proposés par le Triple play. Il existe aujourd'hui plusieurs
concepts et technologies en cours de développement par les différents
fournisseurs. Afin de gagner des parts du marché, ils proposent des services et
des fonctionnalités supplémentaires. Une des services qui est en plein essor est
le Quadruple play. Le Quadruple play est un Triple play auquel on ajoute de la
téléphonie mobile.
Dès qu'on entre dans la zone du STB de
la maison ou du bureau, la communication mobile passe par le réseau haut débit
via de la VoIP. Pour que cela fonctionne, il faut avoir des opérateurs qui
proposent cette fonctionnalité, ainsi que des téléphones mobiles compatibles.
Grâce au développement des technologies
sans fil, le Wi-Fi et le WiMAX, ainsi que des téléphones compatibles Wi-Fi via
la VoIP, le Quadruple play sera envisageable. La plupart des téléphones mobiles
en construction intègrent le support de la VoIP. Aujourd'hui il y a un certain
nombre de téléphones sortis avec le support de la VoIP. Il y a notamment Skype
qui présente, en partenariat avec Netgear, le premier téléphone Skype Wi-Fi VoIP.
Il y a également Senao, société taïwanaise, qui propose un téléphone Wi-Fi
802.11b/g pour la VoIP. Un autre exemple est NTT DoCoMo, opérateur mobile au
Japon, qui introduit son téléphone 3G/Wi-Fi.
En ce qui concerne les fournisseurs
d'accès, ils sont un pas en avance. Il y a, pour le moment, déjà deux
fournisseurs proposant le concept du Quadruple play, mais les autres ne
tarderont pas à suivre. Nous faisons par la suite une brève explications de ces
deux offres.
Le téléphone compatible avec la
technologie UMA utilise un accès haut débit sans fil à la maison ou au bureau.
Puis il bascule, sans interruption de service, sur le réseau mobile à
l'extérieur et en mobilité. L'utilisation du réseau fixe ou mobile devient
transparente pour l'utilisateur. Ce dernier pourrait alors utiliser un seul
téléphone et un seul numéro au lieu d'avoir un numéro fixe et un deuxième pour
le téléphone mobile.
Le protocole dont se sert l'UMA permet
d'utiliser des services concernant les téléphones mobiles tel que GSM et GPRS, à
travers des technologies comme le Bluetooth et le Wi-Fi (802.11b/g). Il est
également compatible avec les réseaux IP sans fil comme les réseaux WiMAX.
Le fonctionnement de cette technologie
est relativement simple. Dès qu'un téléphone mobile UMA entre dans la zone de
couverture d'un point d'accès Wi-Fi ou Bluetooth, il peut recevoir et établir
une communication par paquet IP. Ces paquets sont alors transmis jusqu'au
contrôleur UMA grâce au réseau IP de la maison ou de l'entreprise. Ce contrôleur
envoie les données nécessaires vers le réseau de l'opérateur mobile. Il
authentifie de cette même manière l'utilisateur avant sa connexion au réseau
cellulaire.

Une fois que cette technologie sera
sortie de la phase tests, elle sera intégrée à la Livebox afin d'offrir le
Quadruple play aux clients de Wanadoo.
Le deuxième fournisseur proposant le
Quadruple play est Neuf Télécom. Il propose le Beautiful Phone . C'est un
téléphone de nouvelle génération qui permet lui aussi de téléphoner en Wi-Fi à
la maison grâce à la Neufbox, et de basculer vers une connexion GSM à
l'extérieur, en utilisant le réseau de l'opérateur SFR. Actuellement le
Beautiful Phone est en cours de tests par des clients volontaires. Après cette
période d'essais le fournisseur devrait ajouter la téléphonie mobile à ses
offres, et le Triple play se transformera en Quadruple play.
Avec ces nouvelles technologies qui ne
cessent d'évoluer, utilisant de plus en plus de bande passante, le débit doit
également suivre. A la suite de ADSL 2+, voici maintenant le VDSL (Very High
Rate Digital Subscriber line). Basée sur la même technologie que l'xDSL, les
signaux VDSL sont transportés sur une paire de cuivre, simultanément et sans
interférence avec la voix téléphonique. Cette technologie permet d'atteindre de
très hauts débits. VDSL promet un débit vers l'internaute atteignant 50 Mbit/s,
et depuis l'abonné vers Internet de l'ordre de 3 Mbit/s. L'évolution de cette
technologie, le VDSL 2, peut même fonctionner jusqu'à 100 Mbit/s dans les deux
sens (en théorie).
Cette technologie utilise une bande de
fréquences allant jusqu'à 12 MHz en VDSL 1 et 30 MHz pour le VDSL 2, tandis que
l'ADSL 2+ utilise une bande de fréquences de 2,2 MHz. La plage de fréquences
étant plus large et la consommation d'énergie plus importante, les opérateurs
doivent adapter leurs équipements réseaux. Alors qu'une carte ADSL 2+, insérée
dans un multiplexeur d'accès pour lignes d'abonnés numériques (DSLAM), peut
desservir jusqu'à 72 clients, une carte VDSL n'accepterait pas plus de 24
clients pour l'instant. Club Internet est l'un des rares FAI à disposer déjà de
DSLAM équipés aussi bien de cartes ADSL 2+ que VDSL. L'objectif est de fournir
des débits en VDSL aux abonnés situés à 1500 m du répartiteur et de l'ADSL 2+
aux personnes résidant à plus de 1,5 km.
Une autre technologie en cours de
développement est la FTTH (Fiber To The Home) ; la fibre optique à la
maison/immeuble. Elle permet l'accès à Internet à des débits atteignant souvent
100 Mbit/s. Comparable au câble dans son installation, puisqu'elle nécessite la
pose de fibres jusque chez l'abonné, la FTTH est principalement utilisé dans les
zones urbanisées de la Corée du Sud, du Japon et des Etats-Unis, ainsi que dans
quelques agglomérations européennes. Elle est cependant en phase de tests dans
certaines grandes villes françaises (telles Lyon ou Paris), par différentes
sociétés (Cite Fibre, France Télécom, etc.).
Les grands axes de convergence
technologique s'effectuent principalement entre le monde des télécommunications
et celui de l'informatique. Cela se voit notamment avec l'arrivée de solutions
concernant la téléphonie sur IP. La convergence des opérateurs de
télécommunication avec les FAI, s'effectue entre le téléphone fixe, le mobile,
l'Internet ainsi que la télévision à travers les offres Quadruple play.
L'objectif principale de la téléphonie sur IP est de réduire les coûts de
fonctionnement. En effet, avec cette offre, l'utilisateur n'est plus dépendant
de l'opérateur téléphonique pour des appels internes. On diminue de même les
frais sur les appels longue distance en passant par le réseau IP.
Afin de garder leur clientèle, et de
gagner plus de part du marché, les FAI et les câblo-opérateurs ne cessent pas de
développer des services supplémentaires. En parallèle avec le Quadruple play, on
parle également de Quintuple play. Ce dernier présente différents services selon
le fournisseur. Le cinquième service peut être: le jeu en ligne, des services à
travers le réseau Wi-Fi ou bien le CPL (Courant Porteur en Ligne).
Demain, notre téléphone mobile basculera
de manière automatique, en fonction du lieu d'utilisation et sans que nous le
sachions, sur les modes de télécommunications les plus adaptés, comme le Wi-Fi
et le WiMAX.
Vous pouvez poser toutes vos questions,
vos remarques et vos expériences à propos du triple play. Pour cela,
rendez-vous sur le Forum "Les FAI".
En Juin 2006, par Maryam RAZZAGHI, Bruno
ROUVIO et Mathieu SANTEL LEBORGNE, création du document.
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