Le Tao de l'IETF
Le Tao de l'IETF
Un guide pour la participation aux travaux
de l'Internet Engineering Task Force
RFC 3160
Août 2001
Le Secrétariat tient à remercier Susan Harris pour tous ses efforts
engagés dans la mise à jour du Tao et la production d'une version
html du document, avec l'aide de Paul Hoffman.
Résumé
Destiné aux nouveaux participants à l'Internet Engineering Task
Force, ce document décrit le fonctionnement interne des réunions
et des groupes de travail de l'IETF, examine les organisations liées
à l'IETF et présente le processus de standardisation.
Table des Matières
Introduction
Remerciements
1. Qu'est-ce que l'IETF ?
1.1 Des débuts modestes
1.2 La Hiérarchie
1.2.1 ISOC (Internet Society)
1.2.2 IESG (Internet Engineering
Steering Group)
1.2.3 IAB (Internet Architecture
Board)
1.2.4 IANA (Internet Assigned
Numbers Authority)
1.2.5 Le Rédacteur en Chef
des RFCs
1.2.6 Le Secrétariat de
l'IETF
1.3 Les listes de diffusion
2. Les réunions IETF
2.1 Inscription
2.2 S'orienter en arrivant
2.3 Code vestimentaire
2.4 Pastilles de couleur
2.5 La salle des terminaux
2.6 Repas et autres délices
2.7 La Soirée de Gala (Social Event)
2.8 Le programme
2.9 Comment puis-je participer ?
2.9.1 Directeurs des Systèmes
d'Information
2.9.2 Opérateurs de réseaux
et Fournisseurs d'accès Internet
2.9.3 Distributeurs d'équipement
réseau (matériel et logiciel)
2.9.4 Universitaires
2.9.5 Presse spécialisée
2.10 Comptes-rendus
2.11 Autres généralités
3. Les groupes de travail
3.1 Les animateurs des groupes de travail
3.2 Méthodologie des groupes de travail
3.3 Préparation aux réunions des groupes de
travail
3.4 Listes de diffusion des groupes de travail
3.5 Réunions intermédiaires des groupes de
travail
4. Les réunions BOFs
5. Nouveau à l'IETF ? Arrêtez vous ici (pour le moment)
6. RFCs et Internet Drafts
6.1 Vers la publication d'un standard
6.2 Lâcher prise
6.3 Internet Drafts
6.3.1 Lecture recommandée
aux auteurs
6.3.2 Noms de fichiers
et autres
6.4 Processus de standardisation des RFCs
6.4.1 Les mots pour le
dire : MUST, SHOULD et MAY
6.4.2 Références aux normes
dans les standards
6.4.3 A propos de l'IANA
6.4.4 A propos de la sécurité
6.4.5 La question des brevets
dans les standards IETF
6.5 RFCs à caractère expérimental et informatif
7. Comment contribuer à l'IETF ?
7.1 Contribution de votre entreprise
8. L'IETF et le reste du monde
8.1 L'IETF et les autres organismes de standardisation
8.2 Couverture de l'IETF par la presse
9. Références
9.1 Le Tao
9.2 Adresses E-mail utiles
9.3 Documents et fichiers utiles
9.4 Acronymes et abréviations utilisés dans
le Tao
9.5 Documents cités dans le Tao
Remarques sur la sécurité
Adresse de la rédactrice
Déclaration de Copyright
Introduction
Depuis ces dernières années, la participation aux réunions
physiques de l'Internet Engineering Task Force (IETF) s'est considérablement
accrue. On trouve à chaque réunion un grand nombre de nouveaux
participants qui, pour beaucoup d'entre eux, reviendront ensuite régulièrement.
Lorsque les réunions étaient moins fréquentées,
il était relativement aisé pour un nouveau participant de se joindre
au mouvement. Mais aujourd'hui, on y voit beaucoup plus de monde et on met parfois
un visage sur des noms connus pour avoir signé certains travaux ou certains
e-mails ayant suscité la réflexion.
Ce document décrit de nombreux aspects de l'IETF et explique son fonctionnement
aux nouveaux participants, afin de mieux exploiter les travaux réalisés
pendant les réunions et dans les groupes de travail.
De nombreux participants à l'IETF n'assistent jamais aux réunions
mais ils sont cependant actifs sur les listes de diffusion des divers groupes
de travail. Le fonctionnement interne de ces groupes pouvant paraître
obscure au début, ce document de type FYI (For Your Information,
pour votre information) fournit l'information de base qui aidera le nouveau
participant à s'impliquer dans les travaux.
On trouvera dans le Tao des références à de nombreux types
de documents IETF, des BCPs aux RFCs en passant par les FYI (les BCPs, Best
Current Practices, proposent des recommandations concernant les meilleures pratiques
de l'Internet; les RFCs, Requests for Comments, sont les principaux documents
techniques et les FYIs, For Your Information, fournissent une vue d'ensemble
sur l'actualité et les technologies et une introduction
destinées à un plus large public (voir le chapitre 6 pour des
explications détaillées).
Les acronymes et autres abréviations utilisés dans ce document
sont généralement détaillés dans le texte et sont
expliqués au chapitre 9.
Remerciements
La version originale de ce document, publiée en 1994, a été
rédigée par Gary Malkin. Sa connaissance de l'IETF, sa perspicacité
et son style d'écriture inégalé ont servi de base pour
cette dernière version à laquelle il a également contribué.
Paul Hoffman a rédigé une part significative du document et apporté
son soutien, son expertise et de précieux conseils dans la conduite de
ce projet. On citera également les contributions de Scott Bradner, Michael
Patton, Donald E. Eastlake III, du secrétariat de l'IETF et des membres
du groupe de travail Services aux Utilisateurs (User Services Working Group).
1. Qu'est-ce que l'IETF ?
L'Internet Engineering Task Force est un groupe informel et auto-organisé
dont les membres contribuent à l'ingénierie et à l'évolution
des technologies de l'Internet. C'est la principale structure engagée
dans le développement des spécifications pour les nouveaux standards
de l'Internet. L'IETF est atypique dans la mesure où elle est constituée
d'une série d'événements, sans cadre statutaire ni conseil
d'administration, sans membres ni adhésion.
Elle a pour but de :
- Identifier les problèmes urgents opérationnels et techniques
liés à l'Internet et proposer des solutions;
- Spécifier le développement ou l'usage des protocoles et définir
les architectures les mieux adaptées à court terme pour résoudre
ces problèmes;
- Faire des recommandations à l'IESG (Internet Engineering Steering
Group) sur la standardisation et l'usage des protocoles appliqués à
l'Internet;
- Faciliter le transfert technologique entre l'IRTF (Internet Research Task
Force) et la communauté de l'Internet en général;
- Favoriser l'échange d'informations entre tous les acteurs de l'Internet
: fournisseurs de matériel, utilisateurs, chercheurs, opérateurs
de réseaux et fournisseurs de services.
Une réunion IETF n'est pas une conférence, même si on y
trouve des présentations techniques. L'IETF n'est pas une organisation
de normalisation au sens traditionnel, même si nombre de spécifications
produites deviennent des standards. L'IETF est composée de volontaires,
qui se réunissent en grand nombre trois fois par an afin de mener à
bien sa mission.
Il n'y a pas d'adhésion formelle à l'IETF. Tout le monde peut
s'inscrire et participer à toutes les réunions. Devenir membre
de l'IETF, c'est avant tout s'inscrire sur une des listes de diffusion afin
d'accéder à toutes les informations relatives aux activités
et débats en cours (voir chapitre 1.3).
Bien sur, l'IETF ne pourrait pas être aussi efficace sans s'appuyer sur
une quelconque structure. En fait, elle est prise en charge par d'autres organisations,
comme cela est décrit dans le BCP
11,
"The Organizations Involved in the IETF Standards Process" (les organisations
impliquées dans le processus de standardisation de l'IETF). Si vous décidez
de participer aux travaux de l'IETF et ne deviez lire qu'un seul BCP, ce devrait
être celui-là.
1.1 Des débuts modestes
La première rencontre de l'IETF a eu lieu en Janvier 1986 au Linkabit
de San Diego avec 21 participants.
La quatrième rencontre, au SRI de Menlo Park en Octobre 1986 a été
la première à laquelle des fournisseurs privés ont assisté.
Le concept de Groupes de Travail (Working Groups) est apparu au cours de la
cinquième rencontre de l'IETF au centre de recherche Ames de la NASA,
en Février 1987. La 7ème rencontre, au MITRE de McLean,
en Virginie, au mois de Juillet 1987, a réunit pour la première
fois plus d'une centaine de participants.
La 14ème rencontre de l'IETF a été organisée
à l'université de Stanford en Juillet 1989. Elle a marqué
un changement radical dans la structuration de l'IETF. L'IAB (à l'époque
Internet Activities Board, aujourd'hui Internet Architecture Board) qui jusque
là veillait sur de nombreux groupes (task forces) s'est réorganisé
en deux pôles principaux : l'IETF et l'IRTF. L'IRTF fut en charge des
recherches sur le long terme concernant l'Internet. L'IETF a évolué
également à cette époque.
Après la formation de l'Internet Society (ISOC) en Janvier 1992, l'IAB
a proposé que l'ISOC prenne sous son aile ses propres activités.
C'est au cours de la rencontre INET92 à Kobe, au Japon, que les membres
du Bureau de l'ISOC (Board of Trustees) ont approuvé une nouvelle
charte pour entériner cette proposition.
L'IETF s'est réunit à Amsterdam aux Pays-Bas, en Juillet 1993.
C'était la première rencontre en Europe et la proportion de participants
américains en a été réduite de moitié. Une
rencontre sur cinq se tient désormais en Europe ou en Asie et la proportion
de participants extérieurs aux Etats-Unis continue d'être élevée
- environ la moitié, même aux réunions organisées
sur le sol américain.
1.2 La Hiérarchie
1.2.1 ISOC (Internet Society)
L'Internet Society est une organisation internationale à but non lucratif
visant à favoriser le développement de l'Internet. Elle est constituée
de membres adhérents et fonctionne grâce à l'appui financier
et juridique aux autres groupes décrits ici (les groupes "I"), en particulier
de l'IETF. Le rôle de supervision de l'ISOC sur l'IETF est particulièrement
souple, à tel point que la plupart des participants ignorent jusqu'à
son existence. L'ISOC fournit une assurance à de nombreux participants
engagés dans les travaux de l'IETF et prends en charge les relations
publiques lorsque l'un des groupes "I" veut s'adresser à la presse. L'ISOC
est l'un des principaux héros méconnus (et financièrement
démuni) de l'Internet.
1.2.2 IESG (Internet Engineering Steering Group)
L'IESG est responsable de la direction technique des activités de l'IETF
et du processus de standardisation, tels qu'il a été défini
et ratifié par le Bureau de l'ISOC. L'IESG n'a cependant pas un rôle
de direction tel qu'il peut exister pour d'autres organismes de standardisation.
L'IESG ratifie ou corrige les résultats issus des groupes de travail
de l'IETF, déclare la création et la dissolution de ces derniers
et s'assure de la qualité des documents non issus des groupes de travail
et destinés à devenir des RFC.
L'IESG est constitué des Responsables de Domaines (Area Directors, ici
abrégé en "ADs"), sélectionnés par un comité
de nomination (Nominations Committee, souvent appelé "Nomcom") et nommés
pour deux ans. Le processus de nomination des membres de l'IESG est détaillé
dans le BCP 10, "IAB and IESG
Selection, Confirmation and Recall Process: Operation of the Nominating and
Recall Committees."
Les domaines d'activité actuels et leurs abréviations sont :
- Applications (APP) - Protocoles vus par les utilisateurs des programmes,
tels que l'e-mail et le Web
- General (GEN) - Divers Travaux pour les groupes de travail qui n'entrent
dans aucune autre catégorie (ce qui est rare)
- Internet (INT) - Les différentes façons d'acheminer des paquets
IP et les informations DNS
- Operations and Management (OPS) - Administration et contrôle
- Routing (RTG) - Acheminer les paquets jusqu'à leur destination
- Security (SEC) - Authentification et confidentialité
- Transport (TSV) - Services spéciaux pour les paquets spéciaux
- User Services (USV) - Support à l'utilisateur final et aux organisations
de support aux utilisateurs
Etant donné que l'IESG a une grande influence sur le fait qu'un document
de travail (Internet draft) devienne ou non un RFC, de nombreuses personnes
ont tendance à considérer les ADs comme des demi-dieux et à
s'adresser à eux avec vénération pour leur demander leur
avis sur un problème particulier, alors que la plupart des ADs ne sont
pas différents des simples mortels et s'adressent rarement aux autres
depuis un piédestal. En fait, lorsqu'on leur demande un avis technique
particulier, les ADs s'en remettent souvent aux autres membres qui ont à
leurs yeux d'avantage de connaissances dans tel ou tel domaine.
Les responsables de domaine sont censés connaître mieux que personne
l'ensemble du travail combiné des groupes de travail oeuvrant dans leur
domaine. D'un autre côté, l'ensemble de l'IESG vote sur chaque
Internet Draft pour en faire un RFC et il suffit de deux votes négatifs
pour bloquer le processus. Ceci sert à empêcher que le projet d'un
AD, simplement parce qu'il serait son propre "bébé", n'acquiert
le statut de standard au détriment des protocoles IETF déjà
existants.
Pour autant, il ne s'agit pas de dire que l'IESG n'exerce jamais son pouvoir.
Lorsque l'IESG constate qu'un groupe de travail s'éloigne de sa charte
constitutive ou lorsqu'un groupe de travail lui demande de transformer tel protocole
mal dégrossi en standard, l'IESG réagit. En fait, à cause
de sa charge de travail considérable, l'IESG agit souvent de manière
réactive. La plupart des demandes faites par les groupes de travail pour
qualifier un Internet Draft en RFC sont acceptées et les interventions
n'ont lieu qu'en cas de problème véritable. On peut malgré
tout dire que les ADs sont élus pour penser et pas seulement pour administrer
le processus de standardisation. La qualité des standards définis
par l'IETF provient à la fois des critiques qu'ils reçoivent des
groupes de travail et de celles que les groupes de travail reçoivent
des ADs.
L'IETF fonctionne sur le mode du consensus approximatif (rough consensus)
et c'est l'IESG qui décide si un groupe de travail a abouti à
un résultat réellement consensuel. Ainsi, une des raisons principales
qui peut conduire l'IESG à bloquer le travail d'un groupe est que celui-ci
n'a pas obtenu un vrai consensus au sein de l'ensemble de l'IETF, c'est à
dire dans tous les groupes de travail de l'ensemble des domaines. Par exemple,
le résultat produit par un groupe peut éventuellement se retrouver
en contradiction avec une technologie développée dans un autre
groupe de travail. Une des missions importantes de l'IESG consiste donc à
veiller au travail de l'ensemble des groupes pour éviter toute incohérence
entre les protocoles définis par l'IETF. C'est pour cette raison que
les responsables de domaines sont censés relire les travaux effectués
en dehors de leurs domaines respectifs.
1.2.3 IAB (Internet Architecture Board)
L'IAB est en charge de conserver une vision d'ensemble de l'Internet et se
concentre sur la planification et la coordination à long terme des différents
domaines d'activité de l'IETF. L'IAB est en veille permanente sur les
enjeux fondamentaux de l'Internet et en informe le grand public lorsqu'il l'estime
nécessaire. Les membres de l'IAB portent une attention particulière
aux activités émergentes de l'IETF. Lorsqu'un nouveau groupe de
travail se crée à l'IETF, l'IAB vérifie l'intégrité
et la cohérence architecturale de sa charte. Avant même que la
charte du groupe soit définie, les membres de l'IAB sont toujours très
volontaires pour échanger sur les nouvelles idées avec leurs initiateurs.
L'IAB sponsorise et organise également l'Internet Research Task Force,
sous forme d'ateliers (invitational workshops) qui proposent des études
approfondies sur certains sujets concernant l'architecture de l'Internet. Ces
documents font des recommandations à l'IETF et à l'IESG. Le rôle
de l'IAB est aussi de :
- Approuver les nominations proposées par l'IESG
- Examiner en appel les actions engagées contre certaines décisions
de l'IESG
- Nommer et encadrer le rédacteur en chef des RFC (RFC editor)
- Approuver la nomination de l'IANA
- Conseiller l'ISOC
- Encadrer les liens de l'IETF avec les autres organismes de standardisation
A l'instar de l'IESG, les membres de l'IAB sont désignés pour
plusieurs années par le Nomcom et sont approuvés par le Bureau
de l'ISOC (Board of Trustees).
1.2.4 IANA (Internet Assigned Numbers Authority)
L'IANA fait office de bureau central d'enregistrement des activités
de l'IETF. En effet, il est souvent indispensable de conserver la trace d'éléments
de protocole qui ont été ajoutés à un protocole
Internet existant. Par exemple, la numérotation des ports TCP et les
types MIME exigent une telle conservation. L'IAB a désigné l'IANA
comme responsable de cette mission. L'IANA est soutenu financièrement
par l'ICANN (Internet Corporation for Assigned Names and Numbers).
Il y a encore cinq ans, personne n'aurait imaginé voir un jour l'IANA
apparaître en première page d'un journal. Le rôle de l'IANA
avait jusque là été très mineur. Le fait que l'IANA
fut aussi le gestionnaire de la racine des noms de domaine le propulsa sur le
devant de la scène, en même temps qu'il fut soumis au feu des critiques
injustifiées de certaines personnes qui n'avaient pas même pris
la peine d'examiner sa véritable fonction. Aujourd'hui, l'IETF n'est
plus à proprement parler engagée dans les activités de
l'IANA d'attribution des noms de domaine et des adresses IP, qui sont encadrées
désormais par l'ICANN.
Bien que ce rôle d'enregistrement ne semble pas passionnant, de nombreux
participants à l'IETF pourront témoigner de l'importance de l'apport
de l'IANA au développement de l'Internet. La possibilité d'avoir
un dépositaire pérenne et stable qui remplit scrupuleusement sa
mission permet d'expérimenter beaucoup plus facilement sans craindre
de tout mélanger.
Le fondateur de l'IANA, Jon Postel, s'est vu confié la lourde responsabilité
d'ordonner les choses au moment où l'Internet évoluait à
grands pas, ce qu'il fit très bien jusqu'à sa mort prématurée
en 1998.
1.2.5 Le Rédacteur en Chef des RFCs
Le rédacteur en chef des RFCs (RFC Editor) prépare, formate
et publie les travaux qui prennent alors le statut de RFC. Il travaille en concertation
avec l'IESG. Une autre fonction importante du rédacteur en chef est de
fournir un répertoire de tous les RFCs. Une fois qu'un RFC est publié,
il n'est jamais modifié. Si le standard qu'il décrit change, celui-ci
sera de nouveau publié sous la forme d'un nouveau RFC qui rendra le premier
obsolète. Une des confusions les plus courantes au sein de la communauté
des membres de l'IETF est de penser que la fonction du rédacteur en chef
des RFCs est assurée par l'IANA. En fait, il s'agit d'un poste bien distinct,
bien que l'on y ait trouvé les mêmes personnes pendant plusieurs
années. L'IAB approuve la nomination de l'organisation qui remplira la
fonction de rédacteur en chef des RFCs ainsi que sa ligne de conduite.
Le rédacteur en chef des RFCs est financé par l'ISOC et peut être
contacté par e-mail à rfc-ed@rfc-editor.org.
1.2.6 Le Secrétariat de l'IETF
Très peu de personnes sont rétribuées pour s'occuper de
l'IETF. Le secrétariat de l'IETF fournit le support logistique au quotidien
qui consiste surtout à coordonner les réunions et à gérer
les listes de diffusion autres que celles des groupes de travail. Le secrétariat
a aussi en charge de conserver et de classer le répertoire officiel des
documents de travail (Internet Drafts) et le site web. Il aide également
l'IESG dans l'accomplissement de sa mission. Une part importante du financement
du secrétariat est assurée par les frais d'inscription aux réunions
de l'IETF.
1.3 Les listes de diffusion
Pour qui souhaite assister à une réunion IETF, il est fortement
conseillé de s'inscrire sur la liste des annonces ietf-announce@ietf.org.
Elle fournit toutes les informations sur les réunions mais aussi sur
la parution des Internet Drafts, des RFCs. C'est également sur cette
liste que les plans d'action sur les protocoles et les derniers appels à
commentaires (Last Calls) de l'IESG sont postés. Pour les personnes
impliquées au niveau technique, il existe aussi la liste de discussion
ietf@ietf.org. C'est l'endroit où
l'on discute de sujets d'une portée cosmique (les groupes de travail
ont leur propre liste pour discuter des sujets qui concernent leur travaux).
L'inscription à ces listes et à toute liste de l'IETF est gérée
par un programme appelé Majordomo. Ce dernier tend à se montrer
quelque peu pointilleux sur les formats des messages d'inscription, fonctionnant
moins bien par exemple avec les e-mails au format html. Mais il se montrera
docile si vous formatez vos messages à sa sauce. Par exemple, pour vous
inscrire sur la liste des annonces, envoyez un message à :
ietf-announce-request@ietf.org
avec le mot "subscribe" (sans les guillemets) dans le sujet et dans le corps
du message. Pour une inscription sur la liste de discussion technique de l'IETF,
envoyez un message à :
ietf-request@ietf.org
en répétant la même démarche avec la commande "subscribe".
Si vous décidez de vous retirer d'une liste, utilisez la commande "unsubscribe".
Vos messages envoyés à Majordomo ne devraient contenir rien d'autre
que les mots "subscribe" ou "unsubscribe".
Chacune de ces listes est archivée sur le site web de l'IETF.
Il est formellement interdit, sous aucun prétexte et en toutes circonstances,
d'envoyer une requête d'inscription à une liste sur la liste elle-même
! Les milliers d'inscrits n'ont que faire d'apprendre qu'une nouvelle personne
a rejoint la liste. De la même manière, lorsque vous changez d'adresse
électronique ou que vous quittez une liste, envoyez votre demande uniquement
à l'adresse de type "-request".
La liste de discussion de l'IETF n'est pas modérée. Cela signifie
que tout le monde peut exprimer ses opinions sur des sujets concernant l'Internet.
Par contre, elle n'est pas du tout appropriée pour l'envoi de messages
d'une autre nature, comme des sollicitations ou de la promotion, qu'ils émanent
d'entreprises ou de particuliers (voir le RFC 3005 : "IETF Discussion List
Charter"). Il est judicieux de lire en entier ce court RFC avant d'envoyer
un premier message sur la liste de discussion. Seul le secrétariat est
habilité à poster des messages sur la liste d'annonces.
Bien que les listes de diffusion de l'IETF "représentent" l'appartenance
à la communauté des membres de l'IETF, il faut préciser
que la participation à une réunion IETF n'implique aucune inscription
aux listes.
2. Les réunions IETF
Le monde de l'informatique regorge de conférences, séminaires,
expositions et autres réunions. Cependant, les rencontres de l'IETF sont
d'une toute autre nature. Elles ont lieu trois fois par an et rassemblent pendant
une semaine de jeunes technicos dans une ambiance festive avec pour objectif
principal de revigorer le travail des groupes mais aussi de permettre des échanges
entre les différents domaines et groupes de travail.
Les coûts d'organisation sont financés par les participants et
par l'institution hôte de la réunion, sans oublier l'ISOC qui rajoute
quelques moyens supplémentaires pour permettre par exemple la retransmission
vidéo en direct et multicast de certaines sessions des groupes de travail.
Les réunions de l'IETF sont souvent attendues comme une bouffée
d'air frais dans le monde des conférences sur les standards de l'informatique.
Pas de hall d'exposition, très peu de travaux pratiques et aucune grand
messe servie par un gourou de l'industrie. Au lieu de cela, l'ambiance y est
plutôt très studieuse, mais permet aussi les rencontres informelles.
Les réunions de l'IETF présentent peu d'intérêt pour
les commerciaux ou les spécialistes marketing et s'adressent plutôt
aux ingénieurs et développeurs.
La plupart des réunions IETF se tiennent en Amérique du Nord
car c'est là que vivent la plupart des participants, bien qu'elles aient
lieu sur d'autres continents une fois tous les ans ou tous les deux ans. Les
dernières réunions ont rassemblé 2500 participants. 49
réunions ont eu lieu depuis le début et la liste des réunions
à venir est disponible sur http://www.ietf.org/meetings/0mtg-sites.txt
Les nouveaux participants à une réunion IETF sont souvent très
surpris. Ils s'attendent à ce qu'elle se déroule comme dans un
organisme de standardisation ou comme une conférence informatique. Heureusement,
au bout d'un jour ou deux, la surprise laisse place à l'enthousiasme.
Un des traits particuliers depuis une période récente est l'utilisation
de l'Internet sans fil sur tout l'espace de réunion. Il est devenu courant
de voir la moitié des personnes assistant à la réunion
d'un groupe de travail lire leur courrier électronique ou naviguer sur
le web pendant une présentation qui les laisse insensibles.
2.1 Inscription
L'inscription aux réunions de l'IETF est obligatoire et payante. Le
lieu de la réunion et l'ouverture des inscriptions sont annoncés
à peu près deux mois à l'avance, plus tôt si possible.
L'information est communiquée sur la liste de diffusion des annonces
et simultanément publiée sur le site web de l'IETF.
L'inscription se fait en ligne sur le web de différentes manières.
Vous pouvez vous inscrire et payer immédiatement, vous inscrire maintenant
et retourner plus tard payer sur le web, vous inscrire sur le web et payer sur
le lieu de la réunion ou encore tout faire à ce moment-là.
Cependant, pour bénéficier d'un tarif réduit, l'inscription
doit être effectuée avant une date limite, environ une semaine
avant la réunion. Les frais d'inscription comprennent l'accès
à toutes les réunions de la semaine, la réception d'accueil
du dimanche soir (cash bar), les petits déjeuners et les pauses
café de l'après-midi.
Les paiements en ligne par carte de crédit sont sécurisés
mais vous pouvez aussi utiliser votre clé PGP pour envoyer votre paiement
au service des inscriptions à ietf-registrar@ietf.org
L'inscription reste ouverte toute la semaine de la réunion. Le secrétariat
vous conseille néanmoins de vous présenter à l'ouverture
des inscriptions qui a lieu à partir du dimanche midi jusqu'à
17 heures, début de la réception d'accueil. C'est un moment très
prisé pendant lequel vous pourrez manger un morceau et faire connaissance
avec les premiers arrivants.
Une fois inscrit, un guide du participant vous est remis. Il contient des informations
très utiles, comme une feuille d'orientation générale,
un agenda à jour et un badge à votre nom. Les participants ayant
effectué un paiement d'avance y trouveront également une facture.
Il est important de noter que les informations relatives aux coordonnées
des participants ou aux listes de diffusion ne sont jamais commercialisées.
2.2 S'orienter en arrivant
Il est conseillé aux personnes qui viennent pour la première
fois, d'assister à la réunion d'orientation (Newcomers' Orientation)
qui leur est spécialement destinée. Organisée par le secrétariat
de l'IETF, elles permet de recueillir les premières informations utiles.
Elle dure généralement une demie heure et couvre les sujets abordés
dans le guide remis aux participants, comme la signification des pastilles sur
les badges, la structure de l'IETF et beaucoup d'autres éléments
essentiels et éclairants pour un débutant à l'IETF.
La réunion d'orientation est immédiatement suivie par une autre
session d'orientation sur le processus de standardisation de l'IETF, afin de
montrer les différentes étapes que franchit un document avant
de devenir un standard et la façon dont il peut progresser. Cette mise
au point sur les standards dure elle aussi à peu près 30 minutes.
Il reste toujours du temps à la fin pour les questions. Le secrétariat
fournit également une documentation de présentation de l'IETF,
une liste des documents importants disponibles en ligne ainsi que les versions
papier des slides de présentation de la structure de l'IETF et du processus
de standardisation. Cette documentation très utile est aussi en ligne
sur www.ietf.org dans la partie "Additional
Information".
Les réunions d'orientation ont lieu le dimanche avant la réception
de 17h (consultez le planning pour l'heure et l'endroit exacts). Notez que votre
participation aux réunions d'orientation ne vous ouvre pas plus tôt
les portes de la réception !
2.3 Code vestimentaire
Puisque les participants doivent porter leur badge avec leur nom, autant porter
une chemise ou autre chose. Pantalons ou jupes sont aussi fortement conseillées.
Plus sérieusement, de nombreux participants qui viennent pour la première
fois se trouvent gênés en arrivant en costume le lundi matin lorsqu'ils
découvrent que tout le monde est en jean (ou en short si le temps le
permet), t-shirt et sandales. Il y a bien sûr à l'IETF ceux qui
refusent absolument de porter autre chose que leur costume, mais ils seront
pardonnés pour ce particularisme au profit d'une reconnaissance de leur
travail. La règle générale est de s'habiller en fonction
du temps qu'il fait, à moins que vous prévoyiez de travailler
si dur que vous resterez cloîtré, auquel cas la règle qui
s'applique est "habillez vous à votre aise" !
2.4 Pastilles de couleur
Certaines personnes à l'IETF portent une petite pastille de couleur
sur leur badge. Seule une petite minorité en porte plusieurs. Ces pastilles
sont là pour identifier ceux qui sont assez fous pour offrir bénévolement
beaucoup de travail supplémentaire. Les couleurs ont les significations
suivantes :
- Bleu - animateur d'un groupe de travail ou d'une BOF
- Vert - groupe d'accueil
- Rouge - Membre de l'IAB
- Jaune - Membre de l'IESG
- Orange - Membre du Nominating Committee
Les journalistes portent des badges de couleur orange.
Les membres de l'organisme qui accueille pourront vous renseigner sur la salle
des terminaux, les restaurants et autres lieux d'intérêt aux alentours.
Il est important lorsque l'on vient pour la première fois de ne pas
hésiter à interpeller les personnes qui portent ces badges. En
effet, si les membres de l'IAB, de l'IESG, ou les animateurs des groupes de
travail ou de BOF ne voulaient pas communiquer, ils ne porteraient pas ces badges
en évidence.
2.5 La salle des terminaux
Une des choses essentielles qu'apporte la structure d'accueil est l'accès
Internet à tous les participants. En général, qu'il soit
avec ou sans fil, il est d'excellente qualité et résulte des efforts
olympiens fournis par les hôtes et leur capacité à négocier,
emprunter et magouiller. Toutes les personnes et les entreprises qui fournissent
du matériel, des compétences et du temps peuvent être remerciées
chaleureusement.
Bien que nous encouragions la préparation des réunions très
en amont, il se peut qu'un travail de dernière minute soit nécessaire.
La salle des terminaux est l'endroit propice. Elle peut également servir
à rédiger un rapport du séjour ou un compte-rendu de réunion,
tant que les choses sont encore fraîches dans les esprits. La salle des
terminaux est équipée de stations de travail, d'une ou deux imprimantes
et de prises réseau pour les portables.
2.6 Repas et autres délices
Marshall Rose fit un jour la remarque que l'IETF était un endroit branché
pour les amateurs de bonne cuisine. Bien qu'il soit exacte que certaines personnes
profitent de copieux repas, ils se chargent eux-mêmes d'en composer le
menu : les repas du midi et les dîners ne sont pas compris dans les frais
d'inscription. Par contre, le secrétariat fournit les amuse-gueules à
la réception d'accueil (qui ne sont toutefois pas censés remplacer
un dîner), les petits déjeuners chaque matin, ainsi que les (meilleurs)
cookies, brownies et autres gourmandises pendant les pauses de l'après-midi.
Si vous préférez prendre vos repas à l'extérieur
de l'hôtel, l'organisme d'accueil local fournit habituellement une liste
de restaurants à proximité du lieu de réunion.
2.7 La Soirée de Gala (Social Event)
La soirée de gala est une autre part importante des services fournis
par l'organisme d'accueil local. Il peut s'agir d'un événement
lié à l'informatique ou aux nouvelles technologies. A la réunion
IETF de Boston, par exemple, cela consistait en un dîner au musée
de l'Ordinateur. D'autres fois, cela peut être une croisière gastronomique
ou la visite d'une galerie d'art.
Nous encourageons les nouveaux participants à se joindre à cet
événement. Chacun devrait porter le badge nominatif et délaisser
son ordinateur portable. L'événement social est conçu pour
permettre aux gens de se rencontrer de façon conviviale, hors du cadre
technique.
2.8 Le programme
Le programme des réunions à l'IETF est très fluctuant.
Une mise à jour est envoyée à trois reprises avant la réunion
sur la liste des annonces et publiée sur le web. Le programme de la 50ème
réunion, par exemple, est sur http//www.ietf.org/meetings/agenda_50.html.
La version définitive est fournie dans le guide du participant. Evidemment,
"définitif" n'a pas le même sens à l'IETF que partout ailleurs.
Le programme définitif désigne simplement la version envoyée
à l'imprimeur. Le secrétariat affichera les modifications du programme
sur le panneau situé à proximité du comptoir d'accueil
(celui de la réunion, pas celui de l'hôtel).
L'attribution des salles de réunion pour les groupes de travail et les
BOFs est indiquée sur le programme, ainsi qu'un plan de leur situation.
Elle peut également changer avec le programme. Certains groupes de travail
se réunissent plusieurs fois dans la semaine et dans la mesure du possible
une salle unique leur est attribuée.
2.9 Comment puis-je participer ?
L'IETF ne signifie pas la même chose pour tout le monde. De nombreuses
personnes ont été très actives sans jamais assister à
une seule rencontre IETF. Vous ne devriez pas vous sentir obligé de venir
aux réunions dans le seul but de vous faire une idée de l'IETF.
Les indications suivantes, basées sur une classification des acteurs
de l'industrie, peut vous aider à décider si vous tenez vraiment
à faire le déplacement et si oui, à utiliser au mieux votre
temps lors de votre première participation aux rencontres de l'IETF.
2.9.1 Directeurs des Systèmes d'Information
Comme évoqué précédemment, une rencontre de l'IETF
n'est en rien comparable avec les salons professionnels que vous connaissez.
C'est le dernier endroit où vous rendre si votre intention est de découvrir
quels seront les prochains enjeux industriels de l'Internet. Au contraire, assister
aux travaux des groupes de travail ne rendra que plus confuse la situation actuelle
ou à venir de ces enjeux.
Il ne s'agit pas d'affirmer que les acteurs de l'industrie n'ont pas leur place
dans les réunions IETF. En tant que responsable industriel, il peut être
pertinent d'y envoyer les personnes responsables des technologies en cours de
développement à l'IETF. Si elles consultent les travaux en cours
(Internet drafts) et sont abonnées aux listes de diffusion des
groupes de travail les concernant, elles seront en mesure de juger de l'utilité
de leur présence pour leur société ou au sein des groupes
de travail.
2.9.2 Opérateurs de réseaux et Fournisseurs
d'accès Internet
La gestion d'un réseau est suffisamment complexe sans que l'on ait à
se débattre avec de nouveaux protocoles ou les nouvelles versions de
protocoles que vous utilisez déjà. Si le type de réseau
que vous développez requiert constamment les machines et les logiciels
les plus en pointe et que vous suiviez assidûment les travaux des groupes
s'y rattachant, vous jugerez peut-être les réunions IETF intéressantes.
Plus votre activité sera en pointe dans les réseaux, en particulier
dans les domaines du routage et de la commutation, et plus vous serez en mesure
d'apprendre et de contribuer lors d'une rencontre IETF.
2.9.3 Distributeurs d'équipement réseau
(matériel et logiciel)
L'image de l'IETF vue comme la tour d'ivoire de quelques universitaires reflétait
peut être une certaine réalité dans le passé mais
aujourd'hui la plupart des participants sont issus de l'industrie. Dans la plupart
des domaines d'activité de l'IETF, ce sont les salariés des distributeurs
qui rédigent les protocoles et animent les groupes de travail. Si vous
êtes fabriquant de matériel ou de logiciel Internet et que jamais
personne de votre entreprise n'a assisté à une réunion
IETF, il vous appartient de venir, ne serait-ce que pour dire autour de vous
si cela a apporté ou non quelque chose à votre activité.
Cela ne signifie pas que les entreprises concernées doivent baisser
le rideau durant la semaine des rencontres IETF pour que tout le monde puisse
y assister. Les personnels du marketing et même ceux du marketing technique
peuvent sans problème rester à l'écart dans la mesure où
des techniciens sont envoyés pour participer. De même qu'il est
plutôt inutile d'envoyer tout le personnel d'un département technique,
dans la mesure où tous ne lisent pas les documents ou ne suivent pas
les travaux des groupes sur les listes de diffusion. La plupart des entreprises
ont désigné quelques personnes en fonction de leur aptitude à
fournir des comptes rendus détaillés et utiles de leur participation.
2.9.4 Universitaires
Les réunions de l'IETF sont généralement très utiles
aux chercheurs en informatique qui y découvrent les protocoles sur le
point de sortir. Les professeurs ainsi que les étudiants de troisième
cycle qui mènent leur recherche dans le domaines des réseaux et
de la communication peuvent puiser une mine d'information en participant aux
groupes de travail qui les concernent. Se promener d'un groupe de travail à
l'autre peut avoir autant d'effet que vous rendre à un symposium ou à
un séminaire organisé par votre département d'étude.
2.9.5 Presse spécialisée
Si vous travaillez pour la presse et souhaitez suivre une rencontre de l'IETF,
vous trouverez dans le Tao un chapitre tout spécialement conçu
à votre intention. Rendez-vous au chapitre 8.2
2.10 Comptes-rendus
Les comptes-rendus de l'IETF (Proceedings) sont réalisés
dans les deux mois suivant chaque rencontre et sont disponibles sur le web,
sur CD et en version imprimée. Ne les ratez pas, ils contiennent des
informations sur l'IETF que vous ne trouverez nul part ailleurs. Par exemple,
vous trouverez une photographie actualisée de la plupart des chartes
des groupes de travail en vigueur à la date de la rencontre, permettant
de mieux saisir l'évolution des travaux.
Les comptes-rendus commencent souvent par un édito éclairant
(et très distrayant) signé Steve Coya, le Directeur Général
(Executive Director) de l'IETF. Chaque édition contient le programme
final (rétrospectivement mis à jour), une présentation
de l'IETF, les rapports d'activité par domaines et groupes de travail
ainsi que les slides des présentations techniques et des protocoles.
Les présentations et comptes-rendus des groupes de travail sont parfois
incomplets lorsque les épreuves n'ont pas été remise à
temps au secrétariat pour leur publication.
Les comptes-rendus contiennent aussi la liste des participants avec leur nom,
fonction, leur appartenance, leurs coordonnées téléphoniques
et leur adresse e-mail tels qu'ils ont été indiqués sur
le formulaire d'inscription. Pour savoir comment obtenir une copie des comptes-rendus,
consultez le web sur http://www.ietf.org/proceedings/directory.html
2.11 Autres généralités
Les membres du secrétariat de l'IETF et ceux de l'IETF dans leur ensemble
sont très facilement accessibles. N'hésitez pas à les approcher
et à vous présenter. De même, n'ayez aucune crainte à
poser vos questions, surtout s'il s'agit de rendre le jargon et les acronymes
compréhensibles !
Les conversations de couloir sont très importantes. Une part significative
du travail réalisé se fait de manière tout à fait
efficace par des gens qui discutent ensemble entre deux réunions ou pendant
les déjeuners et les dîners. Chaque minute qui passe à l'IETF
peut être considérée comme du travail (au grand dam de certains).
Un "bar BOF" est un rassemblement non formel, souvent tard le soir, pendant
lequel on travaille beaucoup autour d'un verre. Les "bars BOF" fleurissent un
peu partout sur place, dans les restaurants, les salons de thé ou autour
d'une piscine, si on a la chance d'en disposer.
Il serait provocateur de s'interposer entre un participant affamé (ce
qui est souvent le cas) et les brownies et cookies servis pendant la pause café,
quelque soit l'intérêt de la conversation.
L'IETF, et en particulier la session plénière, n'est pas le bon
endroit lorsqu'un distributeur cherche à vendre ses produits. On peut
tout à fait renseigner les autres sur son entreprise et ses produits
mais en gardant à l'esprit que l'IETF n'est pas une foire commerciale.
Ce qui ne veut pas dire que l'on ne doit pas payer les objets dérivés
de l'IETF: T-Shirts, pins, etc.
Il y a toujours un présentoir avec une documentation près du
comptoir d'enregistrement. Il regroupe toutes les informations utiles aux participants
(par exemple, une copie des travaux en cours dans un groupe ou un descriptif
du contenu en ligne sur le site de l'IETF). Vous êtes priés de
consulter le secrétariat avant de placer vos informations à cet
endroit. Le secrétariat se réserve le droit de retirer toute documentation
jugée inappropriée.
3. Les groupes de travail
La plus grande partie du travail effectué à l'IETF se passe dans
les groupes de travail. Ils sont au nombre de 115 à la date de création
de ce document. Le BCP 25,
IETF Working Group Guidelines and Procedures, est un document précieux
pour quiconque participe à un groupe de travail.
Un groupe de travail n'est rien d'autre qu'une liste de discussion modérée.
Vous rejoignez un groupe de travail en vous inscrivant sur une liste; toutes
les listes sont publiques. Certaines de ces listes permettent seulement aux
inscrits de poster des messages, d'autres sont ouvertes aux contributions extérieures.
Chaque groupe de travail est animé par une ou deux personnes.
Encore plus important, chaque groupe de travail possède une charte qu'il
est censé respecter. Elle établit le cadre de travail ainsi que
les objectifs du groupe. La liste de diffusion d'un groupe et ses réunions
physiques sont censés traiter des thèmes inscrits dans la charte
en évitant de s'éparpiller sur d'autres sujets passionnants. Un
coup d'oeil de temps en temps en dehors du cadre établi peut parfaitement
être utile mais la grande majorité des débats doit porter
sur les sujets inscrits dans la charte. De fait, certains groupes de travail
n'hésitent pas à spécifier ce qu'ils ne feront pas, comme
c'est parfois le cas lorsque des idées intéressantes mais nébuleuses
surgissent pendant la rédaction de la charte. La liste des chartes de
l'ensemble des groupes constitue une littérature intéressante
pour qui veut connaître les activités en cours.
3.1 Les animateurs des groupes de travail
Le rôle des animateurs est décrit dans les BCP11
et BCP25.
En fait, leur travail consiste à faire en sorte que la discussion puisse
avancer à partir des étapes posées par la charte du groupe
et jusqu'à la publication d'un ou plusieurs RFCs. Ils ne sont pas censés
diriger les travaux mais sont responsables de leur avancement effectif en empêchant
toute déviation aléatoire.
Comme vous pouvez l'imaginer, certains animateurs sont plus à l'aise
que d'autres dans ce travail. Lorsqu'un groupe de travail a rempli les objectifs
inscrits à sa charte, il est censé interrompre ses activités
(en fait, la plupart des listes de diffusion continuent d'exister après
la clôture d'un groupe de travail, prolongeant les discussions sur les
mêmes sujets). A l'IETF, la clôture d'un groupe est synonyme de
succès puisque cela signifie qu'il a rempli la mission définie
par sa charte. C'est un des aspects les plus déroutants pour ceux qui
rejoignent l'IETF en ayant déjà l'expérience d'autres organismes
de standardisation. Malgré tout, il arrive que certains animateurs ne
parviennent pas à faire aboutir leur groupe de travail ou qu'ils ne cessent
d'ajouter de nouvelles actions à la charte, ce qui peut prolonger l'existence
du groupe de plusieurs années. Les résultats produits par ces
groupes vieillissant sont souvent moins pertinents qu'ils ne l'étaient
au début et leur apparence parfois embrouillée s'apparentent à
ce qu'on appelle alors le "syndrome de dégénérescence".
L'animateur a aussi la mission essentielle de choisir les documents de travail
(Internet Draft) qui seront officiellement publiés par le groupe et ceux
qui ne le seront pas. Dans la pratique, il n'y a pas grande différence
de traitement entre les documents issus d'un groupe et les autres.
Par exemple, de nombreuses listes discutent aussi des documents indépendants
(à la discrétion de l'animateur). Les procédures concernant
les documents officiels (Internet Drafts) seront traitées par la suite
plus en détail.
Les animateurs des groupes de travail sont fortement encouragés à
se rendre au déjeuner de sensibilisation qui leur est, depuis tout récemment,
spécialement destiné et qui se déroule le premier jour
de la rencontre. Si vous êtes intéressé par ce qui se dit
à ce moment-là, vous pouvez consulter les transparents sur http://www.ietf.org/wgchair/index.htm
3.2 Méthodologie des groupes de travail
Un des aspects déroutants lorsque l'on découvre l'IETF est la
place mineure des réunions physiques des groupes de travail, ce qui n'est
généralement pas le cas ailleurs. Toute décision prise
lors d'une réunion doit également être approuvée
sur la liste de diffusion. Il existe de nombreux exemples où un choix
majeur décidé en réunion a ensuite été rejeté
par la liste de diffusion; souvent parce qu'une personne qui n'était
pas présente ce jour-là a ensuite relevé une sérieuse
incohérence dans la démarche amenant à la décision.
Un autre aspect des groupes de travail souvent mal interprété
est le fait qu'il n'existe pas de vote formel. La règle générale
pour aboutir sur un sujet en cours de discussion est de parvenir à un
consensus approximatif, ce qui signifie qu'une très large majorité
des personnes concernées par le débat approuvent la décision.
La méthode employée pour déterminer ce consensus varie
d'un groupe à l'autre. Si l'absence de vote a pu prolonger le temps nécessaire
pour aboutir à certaines décisions, la plupart des membres de
l'IETF qui ont pratiqué le consensus approximatif après d'âpres
débats sont convaincus de son efficacité pour aboutir à
de meilleurs résultats (et à bien y réfléchir, comment
voter dans un groupe ouvert à tout le monde et où il est impossible
de compter le nombre exacte de participants ?)
3.3 Préparation aux réunions des groupes
de travail
Il est essentiel que chaque participant (les nouveaux comme les plus anciens)
lise les documents de travail (Internet Drafts) ainsi que les RFCs avant
chaque réunion. Les réunions des groupes de travail ne sont pas
destinés à la pédagogie mais à faire avancer la
production des documents. Même si vous ne prévoyez pas d'intervenir
pendant la réunion, vous êtes conviés à lire en amont
les documents existants afin d'être en mesure de comprendre les débats
en cours.
L'animateur du groupe est chargé de définir l'ordre du jour de
la réunion, en principe quelques semaines à l'avance. Si vous
souhaitez aborder un point particulier, assurez-vous de mettre l'animateur au
courant. Ces informations sont disponibles à l'avance pour chaque groupe
de travail (voir http://www.ietf.org/meetings/agenda_xx.html où "xx"
est le numéro de la réunion IETF) même si certains animateurs
négligent parfois de faire ce travail.
Le secrétariat publie le programme des réunions seulement quelques
semaines à l'avance et celui-ci change souvent jusqu'à une semaine
avant la date de la première réunion. Si vous venez juste pour
une seule réunion de groupe de travail, il vous sera peut-être
difficile de réserver votre avion avec aussi peu d'information, surtout
si la date de réunion est modifiée au dernier moment. Assurez-vous
de posséder la version à jour du programme afin de réserver
votre avion et votre chambre d'hôtel.
Dans votre intérêt, il est souhaitable de ne pas venir pour une
seule réunion. Il est probable que vos connaissances soient utiles dans
plusieurs groupes, dans la mesure où vous aurez auparavant lu les documents
de travail (Internet Drafts) et les RFCs concernant ces groupes.
Si vous faites une présentation pendant une réunion, il est conseillé
d'avoir quelques transparents à montrer. Le matériel nécessaire
à la projection est disponible dans chaque salle.
Un conseil pour vos transparents : ne mettez pas le logo de votre entreprise
sur toutes les pages, bien que ce soit chose courante ailleurs. L'IETF est plutôt
hostile à ce genre de pratique promotionnelle et la plupart des intervenants
n'inscrivent même pas leur logo sur le premier transparent. En effet,
nous insistons bien sur le fait que les préoccupations à l'IETF
sont d'ordre technique uniquement.
3.4 Listes de diffusion des groupes de travail
Comme nous l'avons vu plus haut, les listes IETF d'annonce et de discussion
sont les listes pivots des activités de l'IETF. Il existe cependant bien
d'autres listes de diffusion concernant les travaux de l'IETF. Tous les groupes
de travail, par exemple, possèdent leur propre liste. De plus, certains
sujets techniques ayant une portée à long terme et développés
sur la liste de discussion de l'IETF ont été déplacés
vers de nouvelles listes qui leur sont spécialement dédiées.
Il est fortement recommandé de suivre les discussions sur les listes
des groupes de travail auxquels on a l'intention de participer. Plus il y aura
de travail accompli sur la liste, moins il y aura de travail à faire
en réunion, ce qui laissera ainsi du temps pour une pollinisation croisée
(par exemple de pouvoir assister aux travaux de groupes concernant d'autres
domaines afin d'élargir ses propres perspectives).
Les listes de diffusion offrent aussi un moyen d'expression aux participants
qui suivent les travaux des groupes ou contribuent à leurs efforts, sans
pouvoir assister aux réunions.
La plupart des listes de l'IETF utilisent Majordomo et possèdent une
adresse de type "-request" qui prend en charge les démarches administratives
d'inscription et de désinscription (voir le chapitre 1.3 pour plus d'informations
sur Majordomo). Ce genre de détail administratif est du plus mauvais
effet lorsqu'il est envoyé sur la liste elle-même.
La plupart des listes de discussion de l'IETF sont archivées : tous
les messages postés sur une liste sont automatiquement stockés
sur un serveur accessible en FTP anonyme. On trouvera de nombreuses archives
de ce type à l'adresse ftp://ftp.ietf.org/ietf-mail-archive/.
Si la liste que vous cherchez reste introuvable, envoyez un message à
l'adresse "-request" de celle-ci (mais pas à la liste elle-même
!).
3.5 Réunions intermédiaires des groupes
de travail
Il arrive que les groupes de travail tiennent des réunions intermédiaires
entre deux rencontres de l'IETF. Cependant, ces réunions ne doivent pas
se substituer aux réunions régulières, même s'il
s'agit d'éviter une réunion prévue dans un lieu peu alléchant
pour en organiser une trois semaines plus tard aux Baléares. Une réunion
intermédiaire nécessite l'autorisation du responsable de domaine
et doit être annoncée au moins un mois à l'avance. Le lieu
ainsi que les horaires doivent permettre un accès équitable à
tous les participants. Comme pour une réunion ordinaire, quelqu'un doit
prendre des notes et envoyer un compte-rendu à minutes@ietf.org
ainsi que tenir à jour la liste des participants.
4. Les réunions BOFs
Pour constituer un groupe de travail, il est nécessaire d'avoir une
charte et quelqu'un qui puisse assurer le rôle d'animateur compétent.
Pour remplir ces conditions, il vous faudra trouver des gens intéressés
qui seront en mesure d'aider à la définition de la charte et de
convaincre un responsable de domaine que le projet est valable. Une réunion
en face à face s'avérera utile. En réalité, très
peu de groupes de travail sont lancés par les Responsables de Domaines;
la plupart sont le fruit d'une réunion BOF pendant laquelle les participants
ont exprimé leur intérêt pour un sujet donné.
Une réunion BOF, avant d'être planifiée, doit être
approuvée par le Responsable du domaine (Aera Director, AD) concerné.
Si vous estimez qu'un nouveau groupe de travail est absolument nécessaire,
vous pouvez contacter un AD en privé et voir ce qu'il pense de votre
proposition. L'étape suivante consiste à demander un créneau
de réunion lors de la prochaine rencontre IETF. Bien entendu, vous n'avez
pas besoin d'attendre ce moment pour commencer le travail : vous pouvez déjà
monter la liste et lancer la discussion sur la charte.
Les réunions BOF sont très différentes des réunions
organisées par les groupes de travail. L'objectif d'une BOF est d'assurer
qu'une charte de qualité aux contours bien définis soit possible
et qu'il y ait suffisamment de monde pour faire le travail nécessaire
à la création d'un standard. Certaines BOFs ont déjà
produit des documents de travail (Internet Draft) tandis que d'autres
partent de zéro. L'avantage d'avoir ces documents avant la réunion
BOF est de pouvoir mieux cerner la discussion. D'un autre côté,
cela peut avoir tendance à brider d'autres idées que certains
participants souhaiteraient développer dans la charte. Il est important
de garder à l'esprit que les BOFS sont généralement destinées
à obtenir des soutiens pour la création éventuelle d'un
groupe de travail et non à défendre un document en particulier.
De nombreuses BOFs ne donnent pas naissance à un groupe de travail,
cela pour plusieurs raisons. Il est courant qu'il n'y ait pas assez de personnes
d'accord sur un axe de travail ou encore que celui-ci ne pourrait aboutir à
un standard - dans le cas où, par exemple, les auteurs du document se
montrent réticents à accorder au groupe la possibilité
de contrôler les changements (nous traiterons ce thème plus loin).
Seules deux réunions BOF peuvent se tenir sur un même sujet : soit
il en résulte la création d'un groupe de travail, soit le sujet
est abandonné.
5. Nouveau à l'IETF ? Arrêtez vous ici (pour
le moment)
Si vous rejoignez tout juste l'IETF et que ce texte est le seul document que
vous prévoyez de lire avant de venir aux rencontres, mettez un terme
ici à votre lecture - du moins pour le moment. Profitez ensuite du voyage
de retour pour lire le reste du Tao. Vous serez alors en mesure de vous impliquer
activement dans les groupes qui vous auront intéressé pendant
la rencontre et le Tao vous guidera dans vos premiers pas.
6. RFCs et Internet Drafts
Si vous débutez à l'IETF et que vous cherchez un RFC ou un document
de travail (Internet Draft) en particulier, allez sur les pages web du Rédacteur
en chef des RFCs http://www.rfc-editor.org.
Vous y trouverez également des liens vers diverses collections de RFCs.
Beaucoup disposent d'un moteur de recherche. Si vous connaissez le numéro
du RFC que vous recherchez, allez sur les pages RFC de l'IETF http://www.ietf.org/rfc.html.
Pour trouver un document de travail (Internet Draft), la meilleure source est
http://www.ietf.org/ID.html où
vous pouvez faire une requête par titre et mots clés.
6.1 Vers la publication d'un standard
Une des questions les plus courantes posée par les nouveaux arrivants
aux "anciens" de l'IETF est "Comment puis-je faire publier un standard IETF
?". Une question bien plus pertinente est "Devrais-je écrire un standard
IETF ?" dans la mesure où la réponse n'est pas toujours "oui".
Si vous décidez de vous lancer dans l'écriture d'un document destiné
à devenir un standard, soyez averti des obstacles qui vous guettent tout
au long du parcours. Nombreux sont ceux qui s'en sortent indemnes cependant
et il existe toute une documentation écrite qui aidera les auteurs à
y parvenir en conservant leur ego à peu près intact.
Chaque standard de l'IETF est publié sous la forme d'un RFC (Request
For Comments, mais tout le monde dit RFC) et chaque RFC commence par être
un document de travail (Internet Draft, souvent désigné
par "I-D"). Les principales étapes à franchir pour la publication
d'un standard IETF sont :
- Publier le document sous forme d'un document de travail (Internet Draft)
- Recevoir des commentaires sur ce document
- Rédiger une nouvelle version intégrant les commentaires
- Répéter les étapes 1 à 3 plusieurs fois
- Demander au Responsable du domaine de soumettre le document à l'IESG
(en cas de proposition individuelle). Si le document est le résultat
officiel du groupe de travail, c'est l'animateur du groupe qui fait la démarche
auprès du Responsable.
- Modifier le projet en fonction de l'avis rendu par l'IESG (qui peut aller
jusqu'à l'abandon du standard envisagé)
- Attendre que le document soit publié par le Rédacteur en chef
des RFCs
Une description beaucoup plus détaillée du processus est donnée
dans le BCP9, "The Internet
Standards Process". Quiconque rédige un document qu'il espère
voir devenir un standard doit lire le BCP9 afin d'être en mesure de suivre
son cheminement tout au long du parcours. Le BCP9 fournit des explications détaillées
sur un sujet qui est souvent mal compris, même par les participants réguliers
de l'IETF : on trouve différents types de RFCs qui suivent différents
processus et qui obéissent à des classements différents.
Il existe six catégories différentes de RFCs :
- Proposition de standard (Proposed standards)
- Projet de standard (Draft Standard)
- Standards Internet (Internet Standards, parfois appelés full
standards)
- Protocoles expérimentaux (Experimental protocols)
- Documents d'information (Informational documents)
- Standards historiques (Historic standards)
Seuls les trois premiers (proposed, draft et full) sont
des standards de l'IETF. Un résumé explique clairement cela dans
le RFC 1796 qui porte bien
son nom : "Not all RFCs are Standards" (tous les RFCs ne sont pas des
standards).
Il existe aussi trois sous catégories de RFCs, appelées FYIs,
BCPs et STDs. La série For Your Information est destinée à
documenter des aspects d'ordre général et des thèmes introductifs
ou intéressant un large public. Les FYIs sont souvent rédigés
par des groupes de travail au sein du domaine "services aux utilisateurs" (User
Services Area). Les documents de type Best Current Practice décrivent
l'application de différentes technologies de l'Internet. Les STDs sont
destinés à identifier les RFCs qui spécifient les standards
de l'Internet. Certains STDs sont en fait constitués de plusieurs RFCs
et le terme "standard" s'applique à l'ensemble des documents.
6.2 Lâcher prise
La raison principale qui conduit certaines personnes à refuser que leurs
documents prennent le chemin d'une standardisation IETF est le fait qu'ils doivent
abandonner leur contrôle sur les évolutions du protocole. En effet,
à partir du moment où vous proposez que votre protocole devienne
un standard de l'IETF, vous devez pleinement renoncer à tout pouvoir
de contrôle sur celui-ci. S'il y a un accord général, certaines
parties du protocole pourront être complètement modifiées,
des pans entiers supprimés, de nouveaux éléments ajoutés
ou encore le nom pourra être changé.
Certains auteurs éprouvent beaucoup de difficulté à abandonner
tout contrôle sur leur "créature". Si vous faites partie de cette
catégorie de personnes, ce n'est même pas la peine de penser à
tenter l'aventure. A l'opposé, si votre objectif est d'aboutir au meilleur
standard possible et à une mise en oeuvre la plus large, le processus
en vigueur à l'IETF peut vous convenir.
Précisons au passage que le contrôle sur les changements du protocole
se poursuit même lorsque le protocole est un standard. En effet, le protocole
peut encore être modifié ultérieurement pour un certain
nombre de raisons, dont la plus courante est la découverte d'un problème
au moment de sa mise en oeuvre. Ces changements tardifs sont également
effectués sous l'autorité de l'IETF et non par les auteurs du
standard.
Les standards IETF sont destinés à être utilisés
pour écrire des applications Internet qui interopèrent. Ils n'ont
pas vocation à exprimer les idées de leurs auteurs (qui peuvent
être remarquables) ni à être pour une entreprise l'objet
d'une publicité quelconque. Si un RFC en cours de standardisation ne
présente qu'une seule mise en oeuvre (alors que deux sont nécessaires
pour qu'un standard soit reconnu), on peut en déduire que l'on s'est
trompé dès le début en le proposant comme un standard possible.
6.3 Internet Drafts
Tout document qui termine sa course dans le répertoire des RFCs a d'abord
été un document de travail appelé Internet Draft (I-D).
Ces derniers sont destinés à être lus et commentés
puis enrichis des commentaires retenus. Provisoires, ils sont systématiquement
retirés des archives en ligne au bout de six mois. Comme le précise
le BCP9, ils ne peuvent être
en aucun cas considérés comme des standards, ni même des
spécifications :
Un Internet Draft n'est pas un moyen de publier une spécification.
Elles doivent suivre la voie propre aux RFCs. Les documents de travail n'ont
aucun statut formel et sont susceptibles d'être modifiés ou
supprimés à tout moment. En aucun cas un ID ne doit être
référencé par un article, rapport ou autre Request-for-Proposal,
ni être l'objet de référence pour un produit commercial
quelconque.
N'hésitez pas en faire la remarque à la personne qui ne comprend
pas les règles de l'IETF (ou qui tente délibérément
de tromper son monde) et qui se targue d'avoir publié un Internet
Draft.
Un I-D doit avoir à peu près la même présentation
qu'un RFC. Contrairement à une croyance assez répandue, un I-D
ne doit pas nécessairement copier à l'identique le format d'un
RFC mais plus il s'en rapprochera, plus vous faciliterez le travail du rédacteur
lorsque votre document sera publié au titre de RFC. Le RFC
2223, "Instructions to RFC Authors", décrit la méthode de
formatage utilisée par le rédacteur en chef des RFCs.
Un Internet Draft peut être le fruit du travail d'un groupe ou
une soumission individuelle. Les documents produits par un groupe de travail
sont en principe revus par l'animateur avant d'être acceptés comme
une production du groupe.
6.3.1 Lecture recommandée aux auteurs
Avant de commencer l'ébauche de votre premier Internet Draft,
vous devriez lire quatre documents :
- Plus important encore que les simples aspects de formatage, le RFC
2223 explique également ce que doit contenir un I-D pour qu'il
puisse devenir un RFC. Il décrit les paragraphes et les notifications
qui devront se trouver dans votre document. Il est utile de les inclure dès
le début afin que les lecteurs ne soient pas surpris lorsque vous les
ajouterez plus tard.
- Le BCP 22, "Guide for
Internet Standards Writers", propose des conseils qui vous aideront à
écrire un standard pleinement interopérable. Il explique par
exemple comment choisir le nombre juste d'options du protocole, comment répondre
aux comportements hors spécification ainsi que la façon de présenter
un diagramme.
- Le guide en ligne intitulé "Guidelines
to Authors of Internet-Drafts" contient des informations à jour
sur la manière de restituer un I-D ainsi que les principales informations
de base à inclure.
- Lorsque vous considérez avoir franchi l'étape du document
de travail et êtes prêt à le soumettre comme RFC, lisez
absolument le document intitulé "Considerations
for Internet Drafts". Il s'agit d'une liste recensant les pièges
courants qui ont amené l'IESG à refuser certains documents.
En fait, vous devriez sans doute lire ce document bien avant d'avoir terminé
afin d'éviter tout un tas de modifications au dernier moment.
6.3.2 Noms de fichiers et autres
Lorsque votre Internet Draft est prêt, envoyez-le au rédacteur
en chef des I-D à drafts@ietf.org.
Il y a réellement quelqu'un à l'autre bout de cette adresse e-mail
et sa fonction consiste à vérifier que vous avez inclus les éléments
de base indispensables dans votre document pour qu'il soit publié comme
Internet Draft. Lorsque vous soumettez la première version d'un
draft, le rédacteur en chef concerné fournit un nom de
fichier pour le document. Si celui-ci est le résultat officiel du travail
d'un groupe, le nom du draft commencera par "draft-ietf-" suivi par le nom du
groupe de travail, puis par un mot ou deux de description et enfin par "00.txt".
Par exemple, un document du groupe S/MIME sur la création de clés
serait désigné par "draft-ietf-smime-keying-00.txt". Si le document
n'est pas le résultat d'un groupe de travail, son nom commencera par
"draft-" et le nom de famille d'un des auteurs, suivi par une description d'un
ou deux mots puis par "00.txt". Dans le cas par exemple où l'auteur s'appelle
Smith, le nom du document sera "draft-smith-keying-00.txt". Si le document est
soumis par un individuel mais se rattache à un groupe de travail précis,
les auteurs ajoutent parfois après leur nom celui du groupe de travail
concerné, comme par exemple : "draft-smith-smime-keying-00.txt". Vous
pouvez suggérer vous-même des noms mais la décision finale
appartient toujours au Rédacteur en chef des Internet Draft (et à
l'animateur du groupe pour les documents officiellement produits par les groupes
de travail). A la suite de la première publication d'un document, la
numérotation dans le nom du fichier est incrémentée, c'est
à dire que la seconde édition du document mentionné plus
haut sera nommée "draft-ietf-smime-keying-01.txt". Notez que le nom de
fichier peut changer dans certaines circonstances, par exemple lorsqu'une soumission
individuelle est réintégrée dans un groupe de travail.
6.4 Processus de standardisation des RFCs
Le processus lié à la création et à la progression
d'un standard est décrit dans le BCP9.
Une fois qu'un Internet Draft a été suffisamment revu et qu'il
a obtenu un consensus approximatif que ce qu'il explique serait utile comme
standard, il est soumis à l'avis de l'IESG. Lorsque le document est le
produit d'un groupe de travail, l'animateur du groupe l'envoie au responsable
du domaine concerné après avoir passé avec succès
le dernier appel à commentaires adressé au groupe de travail (last
call). Si le document est le fruit d'un travail personnel, l'auteur ou le
rédacteur en chef le soumet au responsable du domaine. Le BCP9 décrit
également la procédure d'appel pour les cas où la décision
de l'animateur d'un groupe, d'un responsable de domaine ou de l'IESG, concernant
la création ou la progression d'un standard, est contestée.
Après soumission du draft à l'IESG, ce dernier lance un
dernier appel à commentaires à l'ensemble de l'IETF, destiné
à tous ceux qui n'ont pas suivi l'évolution du travail et qui
peuvent parfois être à l'origine de modifications apportées
au document. C'est aussi l'occasion pour ceux qui estiment ne pas avoir été
entendu par le groupe de travail d'adresser leurs commentaires à une
audience plus large. Le dernier appel à commentaires s'étend sur
deux semaines pour un document issu d'un groupe de travail et sur quatre semaines
lorsqu'il s'agit d'une soumission individuelle.
Lorsque l'IESG approuve le document comme standard Internet, il demande au
rédacteur en chef des RFCs de le publier sous la forme d'une proposition
de standard (Proposed Standard). Au bout d'au moins six mois de ce statut,
l'auteur du RFC (ou l'animateur du groupe de travail concerné) peut demander
qu'il devienne un document standard (Draft Standard). Avant cela, néanmoins,
quelqu'un doit convaincre le responsable du domaine concerné qu'il existe
au moins deux mises en oeuvre indépendantes et interopérables pour
chaque partie du standard. C'est un test efficace de l'utilité du standard
dans son ensemble et un excellent moyen de vérifier sa parfaite lisibilité.
Plusieurs choses peuvent se produire à ce stade. En premier lieu, il
est courant de constater que certaines spécifications doivent être
reformulées lorsque les tentatives de mise en oeuvre ont donné
des interprétations radicalement différentes. Il arrive aussi
couramment que certains aspects du standard ne soit pas mis en oeuvre. Ils sont
donc retirés du standard, pas simplement pour n'avoir pas été
testés mais parce qu'ils ne correspondaient à aucun besoin.
Ne soyez pas trop surpris si un standard particulier n'évolue pas de
Proposed à Draft. En fait, la plupart des standards couramment
utilisés sont des Proposed Standards et resteront tels quels.
Cela peut être du au fait que personne n'a pris le temps d'essayer ou
que les standards auxquels il fait référence sont elles-mêmes
au stade de Proposed Standard ou encore que tout le monde avait quelque
chose de plus important à faire.
Au bout de quelques années d'existence sous forme de Draft Standard,
un document peut devenir un standard Internet (Internet Standard), également
connu sous le nom de "full standard". Ceci ne se produit que très
rarement, ce statut étant réservé aux protocoles qui sont
absolument nécessaires au fonctionnement de l'Internet. Autant dire que
l'IESG passe un Draft Standard au peigne au fin avant de lui donner le
statut de standard Internet.
6.4.1 Les mots pour le dire : MUST, SHOULD et MAY
Pour qu'elles soient mises en oeuvre telles que vous les imaginez, l'écriture
des spécifications se révèle être tout un art. Vous
pouvez choisir de les réduire au maximum, avec juste une liste de conditions,
mais au risque de voir différentes mises en oeuvre partir à la
dérive. Si au contraire, vous rédigez une spécification
trop verbeuse, avec de nombreuses suggestions, les développeurs auront
tendance à ne pas voir ce qui est obligatoire (et de toute façon
ils seront souvent en désaccord avec vos suggestions). Une spécification
réussie se situe entre ces deux extrêmes.
Une des possibilités pour garantir au mieux que les développeurs
aboutissent à des mises en oeuvre interopérables est d'exprimer
clairement ce qui est obligatoire dans la spécification proposée.
Les premiers RFCs utilisaient toutes sortes d'expressions pour expliquer ce
qui était requis, de sorte que les développeurs ne savaient pas
toujours distinguer les suggestions des aspects obligatoires. Pour cette raison,
les rédacteurs de standards à l'IETF décidèrent
d'un commun accord de limiter leur vocabulaire à quelques mots bien spécifiques
correspondant à des significations bien précises.
Le RFC 1123 écrit en 1989 et intitulé "Requirements for Internet
Hosts -- Application and Support", contenait une courte liste de mots qui s'avéraient
utiles, comme "must", "should" et "may" (doit, devrait, peut). Ces définitions
furent mises à jour et affinées plus tard dans le BCP
14, "Key words for use in RFCs to Indicate Requirement Levels", auquel de
nombreux standards courants font référence. Le BCP 14 définit
également très précisément "must not" et "should
not" et propose quelques uns de leurs synonymes.
Pour un standard, afin de stipuler clairement que vous utilisez les définitions
établies par le BCP 14, vous êtes invité à faire
deux démarches. Premièrement, faites référence au
BCP 14 (bien que la plupart des auteurs se réfèrent au RFC 2119,
car c'est ce qu'indique le BCP 14) afin que le lecteur sache quel sens donner
aux mots que vous employez. En second lieu, vous devriez mettre en valeur les
expressions utilisées dont les définitions renvoient au BCP 14.
La pratique couramment admise est d'écrire ces mots en majuscule. C'est
pour cette raison que, dans les standards de l'IETF, vous trouvez des "MUST"
et des "SHOULD" écrits en lettres capitales.
Le BCP 14 est un document court, que toute personne consultant ou rédigeant
des standards IETF devrait lire. Bien que la distinction entre "must" et "must
not" coule de source, celle entre "should" et "should not" soulève bien
des questions au sein de nombreux groupes de travail. Lorsqu'il faut revoir
un document (Internet Draft), la question suivante est généralement
soulevée : "cette phrase devrait-elle contenir un MUST ou un SHOULD ?".
C'est effectivement une très bonne question, car une spécification
ne devrait pas employer de MUST à la légère mais ne devrait
pas non plus utiliser SHOULD là où un MUST est requis pour garantir
l'interopérabilité. Ce qui nous renvoie au coeur du problème
de "sous-spécifier" ou "sur-spécifier" les éléments
requis d'un standard.
6.4.2 Références aux normes dans les standards
Un des pièges de l'écriture d'un standard IETF dans lequel tombent
souvent les débutants (mais aussi quelques anciens de l'IETF) est la
règle sur la façon de faire référence à des
normes extérieures à l'IETF ou à d'autres RFCs de l'IETF.
Une référence normative est une référence à
un document qui doit être suivie pour mettre en oeuvre le standard. Une
référence non normative sera utile au développeur, mais
pas nécessaire. Comme nous l'avons remarqué précédemment,
une spécification utilisant le terme "MUST" (doit) sera certainement
normative, donc toute référence devant impérativement être
mise en oeuvre utilisera le terme "MUST" et sera normative. Une spécification
contenant "SHOULD" (devrait) ou "MAY" (peut) n'est pas nécessairement
normative, mais elle pourrait l'être en fonction de ce qu'elle requière.
Il y a toujours de la place ici pour le débat...
Un standard IETF peut faire une référence normative à
tout autre RFC au même niveau de standard - ou supérieur - ou de
tout autre "standard ou norme ouvert" développé hors l'IETF. La
règle du "même niveau ou supérieur" signifie qu'un standard,
avant d'évoluer de "Proposed" à "Draft", ne doit
contenir que des références normatives dont les RFCs d'origine
sont eux-mêmes au niveau de Draft ou de standard Internet (Internet
Standard). Cette règle donne l'assurance aux développeurs
que tout ce que contient un Draft Standard ou un Internet Standard sera parfaitement
stable, y compris les références extérieures au standard.
Cela peut aussi avoir pour effet de retarder la publication d'un draft ou d'un
standard Internet de plusieurs mois (parfois plusieurs années), le temps
que les autres documents rattrapent leur retard.
Il n'y a pas de règle écrite et définitive pour définir
un "standard ouvert" (open standard), mais cela désigne généralement
un standard stable, accessible à tous (bien que cela soit parfois payant)
et qui a été mis au point par un groupe de standardisation ou
de normalisation reconnu. Si le standard extérieur change, vous devez
référencer la version précise et datée utilisée
dans votre spécification. Certains organismes de standardisation ne fournissent
plus les anciens standards, ce qui peut poser problème aux futurs standards
de l'IETF. En cas de doute, l'auteur d'un document pourra demander à
l'animateur d'un groupe de travail ou au responsable de domaine concerné
si tel standard extérieur peut être utilisé à l'IETF.
6.4.3 A propos de l'IANA
Un nombre croissant de standards IETF requiert l'enregistrement de différents
paramètres de protocoles, tels que les noms des options dans un protocole.
Comme nous l'avons vu au chapitre 1.2.4, le principal dépositaire de
l'ensemble des standards de l'IETF a longtemps été l'IANA. Parce
que les standards nécessitent un grand nombre d'enregistrements de toutes
sortes, l'IANA a besoin d'instructions claires sur la manière d'enregistrer
les paramètres, ce qui ne doit pas être enregistré, qui
décidera de ce qui devra être enregistré... etc.
Quiconque écrit un standard Internet pouvant nécessiter un enregistrement
par l'IANA doit prendre connaissance du BCP 26, "Guidelines for Writing an IANA
Considerations Section in RFCs", décrivant comment les auteurs de RFCs
peuvent faire une demande afin que l'IANA initie ou prenne en charge un enregistrement.
L'IANA conserve également des enregistrements bien antérieurs
à la rédaction du BCP 26.
6.4.4 A propos de la sécurité
Tout RFC doit prendre en compte les aspects de sécurité, au travers
d'un chapitre intitulé "Security Considerations". Il doit contenir tous
les aspects de vulnérabilité connus du protocole, les menaces
possibles ainsi que les mécanismes ou stratégies à déployer
pour les traiter. Ne faites pas l'impasse sur cette question et ne dites pas
: "voilà le protocole et pour la sécurité, il suffit d'utiliser
IPSEC." Cela ne suffira pas, car ça ne résout pas la question
de savoir comment IPSEC se comporte avec votre protocole, et vice versa. Si
vous ne vous sentez pas à l'aise pour traiter cette question, demandez
conseil à l'animateur de votre groupe de travail.
6.4.5 La question des brevets dans les standards IETF
Les problèmes de propriété intellectuelle ont surgi de
plus en plus souvent ces dernières années, en particulier dans
les domaines des brevets. Le but de l'IETF est d'avoir des standards le plus
largement utilisés et validés par le marché. Si la création
d'un produit basé sur un standard nécessite l'achat d'une licence
pour un brevet, il y a fort peu de chance pour que le standard soit mis en oeuvre.
Aussi, la règle habituelle est d'utiliser chaque fois que possible une
bonne technologie non brevetée.
Mais ceci n'est évidemment pas toujours possible. Il arrive parfois
qu'un brevet sorte après l'établissement d'un standard. D'autres
fois, il y a un brevet sur quelque chose d'extrêmement intéressant
dont il n'existe pas d'équivalent non breveté. Il arrive aussi
que le détenteur du brevet soit généreux et promette d'accorder
à tous les développeurs d'un standard le droit d'utiliser gratuitement
la licence, rendant ainsi la mise en oeuvre presque aussi facile que s'il n'y
avait pas de brevet.
L'approche de l'IETF concernant les brevets présents dans les standards
font l'objet de nombreux débats. Vous trouverez les règles officielles
dans le BCP 9, mais vous devrez
prendre en compte la flexibilité de ces règles qui dépendent
du type de brevet, de son détenteur et de l'existence de technologies
alternatives non soumises aux brevets.
Les détenteurs de brevets qui en permettent librement l'utilisation
pour développer des standards de l'IETF obtiennent souvent une grande
reconnaissance de la part de ses membres. Une telle générosité
est plus courante qu'on pourrait le penser. Par exemple, le RFC 1822 est une
licence d'IBM pour l'exploitation d'un de ses brevets ayant trait à la
sécurité.
La communauté IETF travaillant sur ce sujet s'est montrée pour
cela très reconnaissante vis à vis d'IBM (à l'inverse,
d'autres sociétés ont été stigmatisées pour
leur attitude intraitable concernant l'utilisation de leur brevet).
Si en tant qu'auteur d'un RFC vous savez qu'un brevet s'applique à la
technologie que vous traitez, ne le détaillez pas dans le document. Envoyez
plutôt une note au secrétariat de l'IETF (ietf-secretariat@ietf.org)
indiquant l'existence d'un brevet ou de tout autre droit relatif à la
propriété intellectuelle. La note sera publiée sur IETF
IPR (http://www.ietf.org/ipr.html).
Les droits de propriété intellectuelle ne sont jamais mentionné
dans les RFCs puisque qu'ils ne changent pas après leur publication,
alors que les données relatives aux droits de propriété
intellectuelle , elles, peuvent changer à tout moment. Il est donc difficile
de les inclure dans un RFC sans risquer d'être incomplet et d'induire
le lecteur en erreur. Le BCP 9 apporte des informations sur le texte à
inclure dans les RFCs lorsque les auteurs sont au courant que des questions
de propriété intellectuelle se posent.
6.5 RFCs à caractère expérimental
et informatif
Comme nous l'avons vu plus haut, les RFCs ne sont pas tous des standards. En
fait, bon nombre de RFCs importants ne sont pas destinés à le
devenir. On peut actuellement en définir deux types : informatifs, comme
le Tao, et expérimentaux (il y a même un troisième type,
historique, mais qui est réservé aux documents qui ont été
retirés du processus de standardisation parce qu'ils se sont révélés
inutiles, voire contre productifs au développement de l'Internet).
Le rôle des RFCs à caractère informatif (Informational
RFCs) est souvent débattu à l'IETF. Ils sont souvent très
appréciés, en particulier pour les spécifications étrangères
à l'IETF référencées dans ses propres documents.
Ils sont aussi utiles pour les spécifications qui sont à la base
des activités menées par les groupes de travail. D'un autre côté,
certaines personnes se réfèrent à tort à ces documents
pour parler de standard, souvent dans l'intention de profiter de la crédulité
des gens afin de promouvoir leurs propres intérêts, commerciaux
ou autres. Lorsque cela se produit, le débat autour des RFCs à
caractère informatif est relancé.
Les RFCs à caractère expérimental (Experimental RFCs)
sont utilisés pour des spécifications qui pourraient se révéler
intéressantes mais pour lesquelles l'intérêt d'une mise
en oeuvre n'est pas démontré. Cela veut dire que si une spécification
est faite pour résoudre un problème mais qu'il n'apparait pas clairement qu'un
grand nombre de personnes considèrent ce problème comme important ou que cela
les gêne de résoudre le problème avec cette spécification, alors elle devrait
être qualifiée de RFC expérimental. Plus tard, si la spécification
devient reconnue, elle pourra rejoindre le processus de standardisation. Les
RFCs à caractère expérimental sont également destinés
à encourager l'expérimentation d'une technologie qui pourrait
devenir un standard mais qui pose encore certaines questions.
7. Comment contribuer à l'IETF ?
Lire. Etudiez les documents de travail (Internet Drafts) dans
votre domaine d'expertise et commentez-les au sein des groupes de travail. Participez
aux discussions de manière cordiale et constructive, dans le but d'obtenir
le meilleur standard possible. Soyez beaucoup plus attentif que loquace.
Mettre en oeuvre. Ecrivez des programmes qui utilisent les standards
actuels de l'Internet. Ils ne peuvent être utiles que si les utilisateurs
peuvent s'en servir. Mettez aussi en oeuvre les standards considérés
comme "mineurs", qui le seront moins si d'avantage de logiciels les utilisent.
Faites part de tous les problèmes rencontrés dans un standard
auprès du groupe de travail concerné afin qu'ils puissent être
clarifiés dans une version ultérieure. Un des adages souvent répété
à l'IETF est "running code wins" (c'est le code qui tourne qui marche),
ce qui signifie que vous pouvez apporter votre soutien au standard que vous
souhaitez voir se répandre en développant votre propre code.
Ecrire. Publiez seul ou à plusieurs des documents de travail
dans votre domaine d'expertise. Faites cela pour le bénéfice de
la communauté Internet et non pour le plaisir de voir votre nom (ou pire,
celui de votre entreprise) sur un document. Les auteurs sont sujets à
toutes sortes de critiques sur le plan technique (et parfois personnel). Restez
serein et tirez-en parti pour améliorer votre travail afin d'aboutir
à un standard qui soit le meilleur et le plus interopérable possible.
7.1 Contribution de votre entreprise
Partager. Evitez les standards propriétaires. Si vous êtes
développeur, marquez votre préférence pour les standards
IETF. Lorsque ceux-ci ne se montrent pas à la hauteur des standards propriétaires,
apportez votre contribution afin de les améliorer. Si vous êtes
acheteur, évitez les produits qui utilisent des standards propriétaires
en concurrence avec les standards ouverts de l'IETF et informez vos fournisseurs
de votre démarche.
Ouvrir. Si votre entreprise détient un brevet utilisé
par un standard IETF, tentez de la convaincre de le mettre gratuitement à
disposition de tous ceux qui le mettent en oeuvre. Ces dernières années,
les brevets ont été la cause de sérieux problèmes
posés aux standards de l'Internet en empêchant des entreprises
de développer gratuitement certains standards. Par chance, un bon nombre
d'entreprises ont généreusement offert l'utilisation illimitée
de certains brevets afin de soutenir le développement des standards IETF.
Elles sont généralement récompensées par une publicité
gratifiante, montrant qu'elles ne sont pas aussi avides ou étroites d'esprit
que d'autres détenteurs de brevets.
Souscrire. Devenez membre de l'ISOC.
Mieux, recommandez fortement à toute entreprise qui a bénéficié
de l'Internet de devenir membre de l'ISOC (corporate member), ce qui
est le meilleur moyen de soutenir financièrement l'IETF. Cela bénéficiera
bien sûr également à l'ensemble de la communauté
Internet.
8. L'IETF et le reste du monde
8.1 L'IETF et les autres organismes de standardisation
Bien que soient nombreux les participants à l'IETF qui voudraient considérer
les choses autrement, l'IETF n'est pas seul dans le monde des standards. Il
existe de nombreux (peut-être trop) autres organismes de standardisation
dont les décisions influent sur l'Internet. Il y a aussi un nombre important
d'organismes qui ont ignoré longtemps l'Internet et qui veulent maintenant
y jouer leur rôle.
L'IETF cherche en général à avoir des relations cordiales
avec les principaux organismes de standardisation et de normalisation. Cela
n'est pas toujours facile dans la mesure où la plupart ont des structures
très différentes de l'IETF et que cette dernière est principalement
dirigée par des bénévoles qui préféreraient
probablement passer leur temps à écrire des standards plutôt
qu'à rencontrer les représentants d'autres organisations. Malgré
cela, certains organismes font tout leur possible pour maintenir de bonnes relations
avec l'IETF, en dépit des très grandes différences culturelles.
Au moment de la rédaction de ce document, l'IESG est en lien avec de
grands organismes de standardisation et de normalisation, tels que l'UIT (Union
Internationale des Télécommunications), le W3C, le Consortium
Unicode, le Forum ATM et l'ISO-IEC/JTC1 (le comité joint du comité
international de normalisation et de la Commission d'Electrotechnique Internationale).
La liste des liaisons de l'IETF, www.ietf.org/ietf/1iesg-liaisons.txt, montre
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