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Les boîtiers spécialisés se démarquent des offres
d'opérateurs

Les boîtiers dédiés à la gestion des
flux opèrent plus finement que les mécanismes de priorisation proposés par les
opérateurs. Ces produits accentuent leur avance, notamment en s'adaptant au mode
"any to any" et en compressant les données.
Lorsque le réseau d'une entreprise multisites commence à s'engorger, le premier
réflexe est d'élargir les tuyaux. Mais cette méthode se révèle bien souvent
insuffisante voire inutile, en particulier lorsque des flux applicatifs
secondaires ou indésirables tendent à occuper toute la bande passante
disponible. Sans aller jusque-là, chaque application évolue spécifiquement tout
en étant plus ou moins critique pour l'entreprise. La solution consiste donc à
accorder une priorité aux flux selon plusieurs niveaux.
Cette possibilité est offerte aussi bien par la plupart des routeurs que par
les opérateurs de VPN/IP. Mais il existe une approche
beaucoup plus fine, offerte par des constructeurs de boîtiers comme Allot,
Streamcore System, Ipanema ou Packeteer. Ils sont eux-mêmes concurrencés par
Check Point, qui intègre des fonctionnalités comparables dans sa passerelle
IP-Sec.
Le recours à ces produits coûteux et complexes intervient une fois que les
autres solutions ont révélé leurs limites. La principale de ces solutions est
donc celle des VPN/IP sous MPLS. Leurs opérateurs
proposent de donner une priorité aux flux selon quatre à six classes de
services.
La première sera dédiée aux flux temps réels - essentiellement la voix sur IP.
Puis viendront généralement les applications métier critiques, la messagerie et
la navigation sur le web. Si cette segmentation n'a pas besoin d'être affinée ou
régulièrement modifiée, il n'est pas nécessaire de chercher une autre solution.
Concrètement, les paquets de données seront marqués en fonction de leur degré de
priorité via une écriture dans un champ baptisé DiffServ, nom du mécanisme le
plus couramment utilisé. Selon ce degré, le routeur d'accès au réseau et les
équipements du backbone de l'opérateur laisseront passer les paquets ou les
bloqueront. Ce même mécanisme DiffServ peut être mis en oeuvre par l'entreprise
sur les routeurs d'un réseau qu'elle a déployé elle-même, par exemple sur la
base de liaisons louées. Mais ce type de démarche est de plus en plus rare.
Une approche plus fine que les classes de services
Si le nombre de niveaux de priorité doit être supérieur à cinq et si
l'entreprise veut les modifier fréquemment, les offres des opérateurs se
révèlent insuffisantes. Il faut alors recourir à des boîtiers comme ceux de la
gamme PacketShaper de Packeteer, leader de ce marché. Pour se démarquer des
opérateurs, ces spécialistes ont plusieurs arguments. Tout d'abord, ils
permettent de mettre en oeuvre autant de niveaux de priorité que d'applications.
D'autre part, parce qu'ils travaillent au-delà de la couche quatre (à laquelle
se limitent les routeurs), ils sont en mesure d'identifier des centaines de flux
applicatifs standards comme Citrix, Oracle, SAP, Peoplesoft et, bien sûr, web,
messagerie, transfert de fichiers ou voix sur IP.
Puisque l'entreprise a la main sur l'équipement, elle peut en outre à tout
moment modifier les règles de priorité. Elles concerneront non seulement les
types de flux mais aussi leur sens, les serveurs et les utilisateurs, ainsi que
les plages horaires (ce qui permet par exemple de donner des priorités aux
sauvegardes nocturnes).
D'autre part, ces boîtiers se montrent plus intelligents que
les routeurs. «Par exemple, plutôt que de bloquer les paquets non
prioritaires, ce qui provoquerait leur réémission, ceux-ci sont retardés dans
une mémoire tampon», détaille Eugène K'Dual, responsable commercial chez
Packeteer.
Autre avantage de ces équipements, les constructeurs leur ont récemment conféré
la capacité à compresser les données en temps réel. Ce que les opérateurs ne
sont pas pressés de proposer, leur logique commerciale étant plutôt de vendre
davantage de bande passante.
Architecture en étoile ou "any to any"
La mise en oeuvre de ces produits est réalisée selon deux architectures. La
première, adaptée aux entreprises dont les sites ont une structure en étoile,
sous-tend le déploiement d'un seul boîtier placé entre le LAN du siège et le
routeur sortant sur le WAN. Mais si les sites sont amenés à dialoguer
directement entre eux (on parle de mode "any to any") ou si la fonction de
compression est activée, il est nécessaire d'installer un boîtier sur chacun
d'entre eux. Pour accompagner cette tendance, les constructeurs lancent des
produits d'entrée de gamme dont le coût démarre à 2.000 euros, contre 10.000 à
50.000 euros pour le haut de gamme.
Si Packeteer doit se démarquer des offres des opérateurs, la problématique de
ses concurrents est de se démarquer de lui. Par exemple, Ipanema y parvient en
ciblant d'emblée les entreprises dont les sites sont nombreux et dialoguent tous
les uns avec les autres. «Il est alors très difficile de définir de façon
cohérente des règles pour chacun des sites. Nos équipements déduisent et
appliquent dynamiquement ces règles en analysant en permanence le trafic et en
collaborant entre eux», explique Thierry Genot, directeur technique chez Ipanema.
Dès lors, plutôt que de spécifier des règles, l'administrateur fixe des
objectifs, par exemple sous la forme de temps de réponse d'une application qui
seront mesurés au niveau des boîtiers. L'absence de visibilité sur les règles
sous-jacentes est compensée par un effort sur la fonction de reporting.
Une alternative à ces boîtiers est proposée par Check Point dont la passerelle
de VPN (VPN-1) intègre un mécanisme de gestion des flux, autrefois proposé en
option sous le nom de Floodgate. «Capable d'identifier et prioriser quelque cent
cinquante flux applicatifs différents, il est fonctionnellement comparable aux
boîtiers spécialisés», affirme Thierry Karsenti, directeur technique Europe du
Sud chez Check Point. Cette approche n'est toutefois pertinente que si
l'entreprise déploie un VPN basé sur IP-Sec.
Posté le 18 décembre 2004 par boiboisse
- Source ZDNet
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