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La base clients de Bouygues Telecom crashée pendant
20 heures

La paralysie du réseau du troisième
opérateur français a pour origine les pannes simultanées de deux serveurs
installés par l'américain Tekelec. Leur analyse est en cours. Reste à savoir
comment Bouygues compte dédommager ses abonnés.
La panne informatique qui a paralysé le réseau de Bouygues Telecom (BT) mercredi
17 novembre a été réparée, assurait ce matin l'opérateur mobile dans un
communiqué: «Le réseau de Bouygues Telecom [BT] a été totalement rétabli à 1h30
dans la nuit, après une reconnexion progressive.»
Selon BT, les derniers problèmes se situent au niveau du combiné, qui doit être
"réinitialisé": «Pour pouvoir de nouveau bénéficier du service, il suffit
d'éteindre puis rallumer son mobile.»
Y aura-t-il des dédommagements pour les clients après près de 20 heures de
rupture de réseau? Un porte-parole de l'opérateur nous a confirmé que cela est
prévu: «Nous réfléchissons encore aux modalités, mais il y aura un geste
commercial envers nos clients». Modalités qui seront divulgués vendredi matin.
Les deux serveurs de base client étaient "H.S."
Quant à la cause du dysfonctionnement, «la panne informatique (...) provient du
dysfonctionnement de la base de données clients, qui sert à repérer le mobile
[de l'abonné] et lui permet d'acheminer ses appels et d'en recevoir», a précisé
l'opérateur. «Les deux serveurs informatiques en cause sont du matériel
classique et largement utilisés par de nombreux opérateurs de téléphonie mobile
avec, jusqu'à ce jour, une fiabilité sans failles».
Selon des sources industrielles, citées par le quotidien Les Echos, la panne
provient d'équipements fournis par l'américain Tekelec, que l'opérateur français
a acquis en 2000 pour «plusieurs millions de dollars». Selon le quotidien
économique, Orange et SFR se fournissent également auprès de Tekelec.
Contactés par ZDNet, Bouygues Telecom et Tekelec nous ont confirmé ces
informations. Il s'agit bien des deux serveurs, où sont stockées les données de
connexion relatives à l'ensemble de la base clients. Deux serveurs situés en
région parisienne; une information très sensible qui n'a pas pu être confirmée
officiellement.
«Nous avons dû restaurer ces bases de données où sont inscrites les adresses SIM
des clients du réseau de Bouygues Telecom», nous a confié, sans plus de détails,
un responsable de Tekelec basé au Royaume-Uni. La restauration de la base de
données s'est effectuée petit à petit, sans logique géographique, ce qui
explique la grande disparité des retours à la normale.
Les deux serveurs travaillaient «en jumeau», l'un prenant le relais de l'autre
en cas de panne. Dans le cas présent, ils sont tombés en panne simultanément, ce
qui constitue une première. «Ce type de systèmes existe à plus de mille
exemplaires dans le monde, sans aucun problème à ce jour. Cette panne est tout à
fait exceptionnelle», poursuit-on chez Tekelec. Les serveurs sont encore en
cours d'analyse. Acte malveillant, dysfonctionnement interne? «Aucune piste
n'est écartée», indique le fabricant américain.
Bercy monte au créneau
Début novembre, le réseau fixe de France Télécom avait également été victime
d'une panne informatique, paralysant en partie son réseau. Après le cas de
Bouygues Telecom, le ministère de l'Industrie s'inquiète ouvertement. Patrick
Devedjian a ainsi demandé l'ouverture «d'une enquête sur les pannes
informatiques récentes des réseaux de télécommunications.»
«Ces défaillances successives ont provoqué une vive réaction de la population et
des entreprises qui ont été privées de communication pendant de longues heures»,
observe le cabinet du ministre dans un communiqué.
Le chargé de mission Jean-Michel Hubert, vice-président du Conseil général des
technologies de l'information (*), devra remettre un rapport le 10 décembre.
L'objectif est d'«évaluer l'impact de ces dysfonctionnements, de déterminer et
d'analyser leurs causes, et de proposer des solutions techniques ou
administratives permettant d'éviter qu'ils ne se reproduisent».
(*) Le CGTI est un organe créé en 1996 et chargé de missions d'information, de
contrôle et d'évaluation des réseaux d'information.
Posté le 19 novembre 2004 par Marc - Source Zdnet
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