Pas de téléphonie sur IP sans remise à niveau du réseau

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Bénéficier des services de téléphonie sur IP implique un travail sur le réseau, aussi bien en matière d'architecture que de développement des compétences.

Peu à peu, les entreprises déploient de la voix sur leurs réseaux IP. Cependant, les services inclus dans la téléphonie sur IP (ToIP), comme la messagerie unifiée, sont encore peu utilisés.

« L'intérêt de la ToIP ne réside pas tant dans les services supplémentaires qu'elle apporte par rapport à la téléphonie classique que dans la possibilité de faire bénéficier nos deux agences des mêmes services que le siège avec un seul IPBX », explique Joël Loyer, responsable informatique de la Samo. Ainsi la société de HLM n'a-t-elle plus qu'un seul standard pour gérer le siège et des agences ne comptant qu'une dizaine de collaborateurs chacune. Tous les sites bénéficient de la messagerie unifiée, du méta-annuaire, de la numérotation depuis le poste de travail, etc.

Un besoin modeste en bande passante

Mais avant de déployer des services de ToIP, mieux vaut procéder à un diagnostic de son réseau. « Il est nécessaire de disposer d'une architecture réseaux de qualité, et de ne pas greffer de la téléphonie sur IP sur un réseau juxtaposant commutateurs et concentrateurs. Car faire de la ToIP nécessite peu de bande passante, mais, exige une bande passante de bonne qualité, avec de bons temps de transit et peu de temps de latence », explique Patrick Chapelut, directeur des achats d'Atari.

Le plus souvent, les débits n'ont pas besoin d'être extrêmement importants. Ainsi la Samo a-t-elle déployé des liens entre son siège et ses agences avec une bande passante de 256 Kbit/s garantis - même si elle peut atteindre 1,6 Mbit/s en débit de crête. En revanche, Orange Caraïbe a besoin, pour une application de visioconférence sur IP, d'une bande passante minimale de 768Kbit/s pour une bonne qualité - même s'il est possible de descendre à 384 Kbit/s.

La standardisation de la ToIP n'étant pas encore totale, il est important, pour bénéficier de tous les avantages d'une architecture ouverte, de bien sélectionner ses constructeurs. « La ToIP est un monde plus ouvert que la téléphonie classique. Il faut cependant être vigilant dans le choix du matériel et des normes utilisées par le constructeur pour pouvoir, par la suite, réellement choisir les applications qui correspondent le mieux aux besoins de l'entreprise de manière indépendante », prévient Patrick Chapelut, d'Atari.

Ne pas essayer de réinventer la roue

Dans la ToIP, la recette semble être de réutiliser au maximum ce qui a déjà fait ses preuves. « Il ne faut pas réinventer ce qui existe déjà, mais ajouter de nouvelles briques fonctionnelles à un système d'information. Pour notre messagerie unifiée, nous avons opté pour un stockage des messages - qu'ils soient vocaux, sous forme de fax ou d'e-mails - sur notre serveur Exchange. Une solution éprouvée, administrable et générique, et facile à reconstruire en cas de problème », souligne Patrick Chapelut.

Néanmoins, les entreprises hésitent souvent à remplacer des services existants par de la ToIP. « Pour notre centre d'appel, le PABX IP de Cisco serait plus ouvert et mieux configurable que la solution Genesys actuellement utilisée. Cependant, cette dernière est en production et fonctionne. Nous avons donc choisi aujourd'hui de déployer la téléphonie sur IP sur des nouveaux services plutôt que de la substituer à des services existants », note David Fahed, architecte du réseau IP d'Orange Caraïbe.

Il faut dire que les équipes télécoms et réseaux doivent avoir parfaitement assimilé ces nouvelles technologies. « Le transport de la voix sur IP est relativement simple, car ce n'est que de l'encapsulation et de la désencapsulation de paquets voix compressés. Mais les services de téléphonie sur IP associés à un PABX IP, comme la messagerie unifiée, le filtrage d'appels ou le centre d'appel, nécessitent des compétences télécoms, réseaux et systèmes », remarque David Fahed. A moins d'avoir un intégrateur et de le faire intervenir régulièrement.

« Il faut bien connaître son infrastructure et disposer d'équipes en interne systématiquement formées. Un administrateur réseaux ne sachant créer qu'un nouveau compte Exchange ne pourra pas déployer une messagerie unifiée », conclut Patrick Chapelut.

Posté le 20 octobre 2004 par _SebF - Source 01net



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