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SKype a de quoi inquiéter les grands opérateurs !

1 -
L'inquiétude
2 - L'envol
3 - La qualité
4 - Grosse compétition
Depuis quelques mois, les sociétés de
télécommunications canadiennes et américaines n'ont de cesse de multiplier les
annonces d'offres de services, conçues autant pour les consommateurs que les
entreprises. Avec la démocratisation des réseaux haute vitesse sur le continent
nord américain, des entreprises comme Bell, Telus et même le câblodistributeur
Vidéotron ne peuvent se permettre de manquer le bateau. Toutes, sans exception,
veulent avoir leur part du gâteau.
Il faut dire que cette technologie offre de nombreux avantages pour les
consommateurs. Outre un coût d'utilisation hautement compétitif par rapport à la
téléphonie traditionnelle, des services complémentaires auxquels on ne pouvait
que rêver il y a de cela encore un an, sont aujourd'hui offerts sans qu'il en
coûte un sou de plus. Par exemple, avec la téléphonie IP, il sera possible de
tenir une conférence téléphonique à 3, 4 ou cinq personnes, de consulter ses
messages à partir d'un fureteur ou de recevoir ceux-ci par courriel.
Bref, en 2005, la téléphonie Internet
devrait prendre son envol, les grandes sociétés de télécom ayant déjà annoncé
leur intention de prendre d'assaut ce marché avec, à la ligne, un grand perdant
: le marché de l'interurbain traditionnel. En effet, à peu près tous les
observateurs de la scène des télécommunications prédisent la disparition de ce
marché au point que, signe annonciateur, Bell annonçait ce printemps que sa
clientèle abonnée en ce moment à deux services comme Internet haute vitesse et
télévision par satellite, pouvait bénéficier d'un forfait interurbain quasi
illimité pour 5 $ par mois. Comme le soulignait Michael Sabia, le président de
BCE, l'interurbain tel qu'on le connaît est aujourd'hui un service en déclin.
Pour BCE, le marché des communications interurbaines est un moyen de stimuler la
croissance des autres produits et services de Bell.
Pendant ce temps, les solutions de téléphonie IP destinées aux ordinateurs ne
cessent de se développer, la plus connue et la plus médiatisée de ces solutions
étant le logiciel Skype. Depuis un an, les concepteurs de Skype n'ont cessé de
lui apporter des améliorations, tout en multipliant les plateformes sur
lesquelles il s'exécute.
Lancé en premier sur Windows, Skype s'exécute aujourd'hui, tel que nous l'avions
prédit, sur plusieurs systèmes d'exploitation et appareils portables. Il est
dorénavant possible de télécharger une version de Skype pour les environnements
Linux, Mac OS X ainsi que pour les appareils portables -- assistants numériques
personnels et téléphones intelligents -- tournant sous Pocket PC. Il ne manque
qu'une version pour le système d'exploitation Symbian, que l'on retrouve dans
les portables fabriqués par Nokia, Motorola, Samsung ou Sony Ericsson et une
autre pour le Palm OS, qui propulse les téléphones Treo, pour que Skype couvre
l'ensemble du spectre.
De même, comme nous le prédisions aussi
en septembre 2003, Skype permet aujourd'hui de faire des appels de PC à
téléphone traditionnel. Il suffit d'acheter en ligne sur le site de Skype un
abonnement à prix fixe, pour qu'aussitôt, Skype vous relie aux réseaux de
téléphonie filaire, ceci grâce à des ententes de partenariats, donc un avec
notre Téléglobe canadien.
Quant à la qualité des communications de PC à PC ou de PC à téléphone, elle est
toujours aussi grande, rien à voir avec les conversations utilisant des
progiciels de messagerie personnelle comme MSN Messenger. Cependant, Skype
permet de petites choses que la téléphonie traditionnelle ne permet pas, comme
le transfert de fichiers ou l'envoi de messages textes.
Bref, 22 millions de personnes de par le monde utilisent Skype. De ce nombre,
environ 500 000 personnes communiquent par l'intermédiaire de Skype, quel que
soit le moment de la journée. Un plan de match auquel s'attendait Niklas
Zennstrom, cofondateur de Skype et de... Kazaa, une autre firme qui cause des
maux de tête à une tout autre industrie.
Pour sa seconde année d'existence, les dirigeants de Skype tenteront de nouer
des ententes de partenariats et de développement de produits et services avec de
nouveaux joueurs. En tête de liste, les fabricants d'appareils portables et
d'assistants numériques personnes. Attendez-vous donc à des versions Palm et
Symbian au cours des prochains mois.
Cela sous-entend aussi que l'équation « WiFi + téléphonie P2P = mort de la poule
aux oeufs d'or », lancée l'année dernière par l'analyste Philippe Le Roux, est à
la veille de se concrétiser.
Il n'y a qu'à voir les offres de
services en téléphonie Internet des sociétés de télécommunications
traditionnelles pour constater à quel point celles-ci devront être compétitives
afin de séduire le consommateur qui, comble du bonheur, n'aura jamais eu autant
de choix.
Par exemple, Primus Canada, une des premières à se lancer dans ce nouveau
marché, offre son plan ultime, le service de base, la téléréponse, l'appel en
attente visuel, le renvoi d'appels, les téléconférences à 5 et le transfert
d'appel, la composition abrégée et le sélecteur d'appels pour 45 dollars par
mois, ceci incluant les appels illimités partout au Canada ET aux États-Unis.
Tentez donc d'obtenir une telle offre en téléphonie traditionnelle. Et ce n'est
qu'un début.
Cependant, après un an, permettez au chroniqueur de modifier légèrement sa
prédiction, ou plutôt, de préciser celle-ci : lorsque Skype sera enfin
disponible sous toutes les plateformes, l'industrie qui aura à souffrir de sa
venue et qui devra faire face aux mêmes tourments que l'industrie du disque sera
l'industrie des télécommunications... sans fil.
Selon moi, il ne serait pas surprenant à moyen terme, de voir des entreprises de
télécommunication cellulaire comme Microcel, Bell Mobilité ou Rogers perdre une
partie de leur clientèle qui se désabonnerait des forfaits «voix» pour ensuite
s'abonner uniquement à des plans Internet sans fil et transmission de données et
profiter des avantages de Skype.
Il suffit simplement que ces nouveaux outils soient simples à installer, faciles
à utiliser et prometteurs en termes d'économies, pour que le consommateur adopte
rapidement cette technologie. Or, en ce moment, Skype semble remplir cette
promesse. Rendez-vous dans un an pour refaire le point sur Skype.
Posté le 17 septembre 2004 par vains -
http://www.telephone-par-internet.com/
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