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Rennes teste l'Internet de demain

Internet permet d'échanger
des milliards d'informations mais il vieillit. Le système conçu dans
les années 80 manque de connexions pour les pays en développement et
ne s'adaptera pas bien aux inventions de demain. La solution ? Un
nouveau protocole appelé IPv6. Des chercheurs rennais y travaillent
depuis déjà dix ans.
RENNES. - Internet est déjà usé. Ou du moins le mécanisme qui permet
d'échanger des informations. Cet IPv4 (Version 4 du protocole
Internet), conçu dans les années 80, ne permet pas à suffisamment de
machines de se connecter.
« C'est un peu le même problème que pour le téléphone quand on a dû
passer à la numérotation à dix chiffres, résume Hervé Le Goff,
directeur de recherche à l'Irisa de Rennes. En fait, il y a eu une
répartition des adresses (4 milliards d'adresses IP environ). Les
États-Unis ont été copieusement servis. L'Europe, ça va à peu près,
mais les pays émergents, comme la Chine et l'Inde, connaissent de
gros problèmes. » Un seul exemple : « L'université américaine de
Stanford a plus de raccordements que la Chine ! Dans certains pays,
on a une adresse juste le temps de la connexion. Mais c'est un
artifice. »
Un pôle IPv6 régional
L'autre problème du système actuel est qu'il ne sera pas non plus
suffisant pour supporter toutes les nouvelles utilisations du réseau
Internet : les communications entre les voitures et des bornes
intelligentes, le développement de la domotique, le fonctionnement
des armées du futur, le commerce électronique, le rapprochement de
la télévision, de l'ordinateur et de l'audiovisuel... Sans oublier
ce qu'on n'a pas encore imaginé.
Face à tous ces défis, l'ossature d'un nouveau système appelé IPv6
(Internet protocol version 6) a été imaginé. Il permettrait d'offrir
un ensemble d'adresses Internet quasi illimité. De fournir une
meilleure sécurité en termes d'authentification, de confidentialité
et de rester connecter en voiture, à pied, etc.
À Rennes, deux organismes de recherche sont déjà de plain-pied dans
l'univers d'IPv6. Avec un soutien important du conseil régional, des
chercheurs de l'Irisa (Institut de recherche en informatique et
systèmes aléatoires) ont mis en place une « plateforme » ouverte aux
industriels pour tester la compatibilité de composants avec IPv6.
Parallèlement, d'autres spécialistes de l'ENST (École nationale
supérieure des télécommunications) tentent de sensibiliser les
entreprises à cette prochaine évolution. Car tout le monde n'est pas
encore convaincu.
« Les États-Unis, bien servis par IPv4, n'étaient pas pressés d'y
aller et de nombreuses entreprises se contentent, pour l'instant,
d'observer. Mais, poursuit César Viho, responsable de ces recherches
à l'Irisa, de grosses sociétés comme Sony ont décidé de foncer et
les pays émergents, bridés dans leur développement, n'attendent
plus. La Chine, par exemple, s'est lancée corps et âme dans l'IPv6.
À tel point que le ministère de la Défense américain, sentant les
enjeux stratégiques, a décidé de passer à la vitesse supérieure.
Quant à l'Europe, elle avance timidement. »
Dans ce contexte, les équipes préparant l'IPv6 se développent. Les
Rennais, peu nombreux par rapport à d'autres équipes, sont déjà
reconnus internationalement. Trois ingénieurs de l'Irisa étaient
encore au Japon il y a quelques semaines pour représenter l'Europe
au Comité mondial de certification IPv6. Il est vrai que, dans ce
type d'évolutions technologiques, il vaut mieux être dans les
premiers que de prendre Internet en marche.
Posté le 15 mars 2005 par _SebF
- source Ouest France
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