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Voix sur wi-fi : soigner la couverture

La téléphonie IP sur
réseau wi-fi un réseau densifié de bornes d'accès et une gestion de
la qualité de service.
Le succès des réseaux locaux sans fil wi-fi incite à étendre leur
utilisation à la voix. En effet, pourquoi déployer un réseau de
téléphonie sans fil séparé à la norme Dect (Digital Enhanced
Cordless Telecommunications), quand l'infrastructure wi-fi est
capable de transporter de la voix sur IP ? Dans certains cas, c'est
la voix sur wi-fi (VoWi-Fi) qui devient elle-même le moteur
principal du déploiement d'un réseau sans fil. Bien entendu, le
prérequis est de disposer d'un système de téléphonie sur IP, wi-fi
n'étant qu'une extension radio de cette technologie.
L'utilisation : souvent réservée aux nomades
À l'instar d'une solution Dect, la VoWi-Fi n'est pas destinée à
équiper tous les collaborateurs de l'entreprise, mais uniquement
ceux qui se déplacent beaucoup dans les locaux. Pour le MTCC (Metro
Toronto Convention Centre), le plus grand palais des congrès du
Canada, cela représente toutefois l'essentiel des employés. « La
majorité de notre personnel doit se trouver avec les clients et non
dans un bureau », souligne Chris Taylor, chargé des
télécommunications au MTCC.
Auparavant, le centre était entièrement couvert par un système
téléphonique sans fil classique, Companion de Nortel, qui arrivait
en fin de vie. Pour le remplacer, l'option d'un abonnement interne
de téléphonie cellulaire a été écartée, pour des raisons de coût. Le
MTCC a opté pour un réseau wi-fi, qui permet, en sus de la
téléphonie sans fil interne, de vendre des accès Internet sans fil
aux exposants. Son système de téléphonie permet le mode
talkie-walkie et l'envoi de messages écrits.
Pour sa part, l'intégrateur français ETDE a décidé de déployer un
réseau wi-fi voix et données, suite à l'adoption de la téléphonie
sur IP dans son nouveau bâtiment de Saint-Quentin-en-Yvelines. Avec
pour avantage, le remplacement progressif de son système sans fil
Dect. Pour l'ARAHM (association régionale d'aide aux handicapés
moteur), la téléphonie était la motivation première, avec, en plus,
des fonctions de localisation.
Mais wi-fi peut aussi être utilisé pour le transport de la voix et
des données entre des sites, sans passer par des terminaux mobiles.
C'est l'option retenue par la ville de Hem, dans le Nord. Et si la
mairie est passée à la voix sur IP filaire dans ses sept bâtiments,
tous reliés par fibre optique, elle a relié la maison de la jeunesse
par une liaison wi-fi.
« La fibre optique est idéale en matière de débit et de sécurité.
Mais pour ce dernier site, l'installation d'un lien en fibre optique
nous aurait coûté environ 8000 euros », explique Robert Lesaffre,
responsable informatique de la ville.
L'interconnexion de sites par wi-fi a aussi été retenue par la
communauté de communes du Pays de Château-Gontier, dans la Mayenne,
et généralisée à ses dix sites. Chacun est équipé de téléphonie sur
IP filaire, à l'exception de la crèche, dont le bâtiment n'est pas
câblé, et qui était auparavant équipée de téléphones Dect.
Désormais, dans cette crèche, un point d'accès dessert quatre
téléphones wi-fi, en complément de deux téléphones IP filaires
directement reliés au commutateur.
Le choix : une offre déjà variée
Outre un serveur de communications IP, une infrastructure de réseau
local sans fil (WLAN) et des téléphones wi-fi, la voix sur wi-fi
nécessite des mécanismes de gestion de la qualité de service, la
téléphonie ne s'accommodant pas de délais ni de jigue (jitter).
Outre la gestion des priorités sur le réseau filaire, il faut des
mécanismes similaires au niveau du média partagé qu'est la partie
radio, entre le terminal wi-fi et le point d'accès.
À Toronto, le MTCC a opté pour la solution de SpectraLink : les
combinés téléphoniques NetLink i640 du constructeur communiquent
avec son serveur de priorités en utilisant le protocole propriétaire
SVP (Spectra-Link Voice Priority), par ailleurs intégré par de
nombreux fournisseurs wi-fi.
Autre raison de ce choix : la solution de SpectraLink n'est pas liée
à une infrastructure réseau donnée, et le centre des congrès ne
souhaitait pas s'en remettre à un seul constructeur, « ce qui
aurait, par exemple, été le cas avec une solution Cisco », remarque
Chris Taylor.
Aux matériels d'Extreme Networks constituant le réseau local filaire
ont été adjoints un routeur BeaconMaster et des points d'accès
BeaconPoint de Chantry Networks, ainsi qu'un PABX IP Meridian 1 de
Nortel pour la voix sur IP. Le logiciel ConnexALL de GlobeStar
apporte les fonctions d'envoi de messages écrits.
De son côté, L'ARAHM a déployé à son siège de Strasbourg une
infrastructure wi-fi Airespace couplée à des téléphones wi-fi
SpectraLink. Ce sont ces derniers qui ont été choisis par ETDE avec
la solution d'Alcatel, qui vend des combinés SpectraLink sous sa
propre marque. « Nous avons installé, pour le bêtatest, un PABX IP
Alcatel OmniPCX Enterprise version 6.0, et allons passer à la
version 6.1 pour bénéficier des évolutions liées au wi-fi », précise
Marc Trouba, expert télécoms et voix chez ETDE.
À Château-Gontier, l'ensemble du réseau, filaire et sans fil, est
constitué de matériels Cisco, y compris les téléphones wi-fi (des
modèles 7920). « Ainsi, nous pouvons bénéficier de toutes les
fonctions des équipements », explique Yannick Blotière, directeur
informatique de la communauté de communes de Château-Gontier.
Le déploiement : la voix exige plus de bornes que les données
Point essentiel lors du déploiement de la VoWi-Fi, la couverture du
réseau doit être minutieusement étudiée. Ainsi, à la crèche de
Château-Gontier, un second point d'accès va être installé pour
remédier à de légers problèmes de couverture. « Le réseau doit
desservir l'intégralité des locaux, y compris les zones où l'on
n'est pas censé travailler, mais où l'on souhaite passer des
communications téléphoniques, comme les cages d'escalier », souligne
Michel Staffe, responsable avant-vente chez ETDE.
La société a donc remplacé les deux points d'accès existants qui
couvraient uniquement les salles de réunion, par cinq matériels
desservant la totalité du bâtiment de deux étages. « L'implantation
des points d'accès est pratiquement équivalente à celle d'un réseau
Dect », remarque Michel Staffe. Au MTCC, 42 points d'accès ont été
installés pour couvrir ses 200 000 m 2 , avec une partie souterraine
s'enfonçant à une profondeur d'une vingtaine de mètres. Le réseau
est prévu pour fournir une connexion à plus de 1000 utilisateurs, et
une centaine d'employés sont équipés d'un téléphone wi-fi.
« Nous avons déployé le réseau sans fil en ayant à l'esprit qu'il
serait utilisé pour la voix. Nous avons donc installé autant de
points d'accès que possible, en minimisant la puissance émise, pour
obtenir une couverture totale, indique Chris Taylor. Nous pouvons
obtenir quatorze communications téléphoniques par antenne, et si
l'une est saturée, une autre pourra fournir la connexion. »
William Terril, analyste au Burton Group, souligne qu'il faut
généralement compter, lors du déploiement d'un réseau wi-fi servant
à la téléphonie, au moins deux fois plus de points d'accès que pour
un réseau uniquement destiné aux données, ce qui engendre un surcoût
important.
Côté architecture, le MTCC utilise un réseau séparé (SSID) pour la
voix sur wi-fi. « Les matériels de Chantry permettent de mettre en
place des sortes de réseaux virtuels, qui disposent de leurs propres
routage, adressage, et mécanisme d'authentification, indique Chris
Taylor. Ainsi, nous n'utilisons pas les techniques de VLAN
classiques, mais des tranches d'adresses IP. »
Le réseau destiné aux données permet l'utilisation des standards
802.11a, b et g, tandis que celui réservé à la voix n'exploite que
la norme 802.11b la seule disponible pour les téléphones wi-fi,
les constructeurs prévoyant pour bientôt des combinés 802.11a, qui
permettront d'utiliser un plus grand nombre de canaux. Au MTCC, le
réseau destiné à la voix ne diffuse pas de trames indiquant sa
présence, ainsi personne ne sait qu'il est là. Il est protégé par un
chiffrement WEP (Wired Equivalent Privacy), le seul disponible
puisque les standards de sécurité plus avancés tels que WPA ou WPA2
n'ont pas encore été introduits dans les téléphones.
« WEP suffit, car même si un intrus découvre la présence de ce SSID
et réussit à s'y connecter, il ne pourra communiquer qu'avec le
serveur SpectraLink, en raison des filtres mis en place au niveau
des adresses IP », explique Chris Taylor. ETDE met également en
oeuvre un chiffrement WEP, et exploite 802.11b pour la voix,
802.11a/g pour les données.
Les limites : des terminaux VoWi-Fi encore perfectibles
D'après Chris Taylor, les utilisateurs doivent s'habituer à la voix
sur wi-fi, car le service fourni n'est pas tout à fait comparable à
celui de la téléphonie sans fil classique. « Par exemple, le signal
chute plus rapidement lorsque l'on sort de la zone de couverture :
les utilisateurs sont habitués à ce que la qualité de la
communication se détériore lorsqu'ils entrent dans un ascenseur et
que les portes se ferment, alors qu'avec wi-fi, la communication est
immédiatement coupée. »
Globalement, la qualité des communications est satisfaisante, même
si « la voix est parfois un peu hachée », note Chris Taylor. Un
phénomène observé par la communauté de communes de Château-Gontier
avant l'activation de la gestion de la qualité de service dans le
coeur de réseau. ETDE a été agréablement surpris par la qualité
vocale, après avoir résolu quelques problèmes d'écho. Le principal
reproche fait à la téléphonie sur wi-fi concerne sa richesse
fonctionnelle. Certes, les fonctions basiques sont là : en plus du
transfert d'appels et du double appel, ETDE apprécie la sonnerie
simultanée sur le poste et le combiné mobile d'une personne.
Cependant, certaines fonctions ne sont pas disponibles. «
L'affichage du nom de l'appelant n'est apparu qu'avec la seconde
version logicielle, note Marc Trouba, et l'appel par nom n'est pas
possible », regrette-t-il. « Du coup, si l'on retire un poste Dect
des mains d'un utilisateur pour lui donner un combiné wi-fi, il va
se sentir frustré », renchérit Michel Staffe. Mais bénéficier d'une
infrastructure unique pour la voix et les données fait oublier ces
défauts, « et les aspects fonctionnels vont s'améliorer », anticipe
Michel Staffe.
Tout dépend aussi des solutions retenues : les téléphones wi-fi
Cisco de la communauté de communes de Château-Gontier permettent
l'accès à l'annuaire d'entreprise, et le MTCC bénéficie de l'appel
par nom.
Reste que, pour les utilisateurs, le passage aux téléphones wi-fi
nécessite un temps d'adaptation. « Leur usage est un peu plus
complexe que celui des téléphones Dect. Il se rapproche de celui des
téléphones mobiles, au niveau de l'accès aux menus », note Yannick
Blotière. Même constat au MTCC : « Si c'était à refaire, je
préparerais des cours d'initiation pour les utilisateurs », affirme
Chris Taylor.
1- Une Infrastructure unique
Le grand avantage de la VoWi-Fi réside dans l'exploitation d'une
infrastructure de réseau sans fil unique pour transmettre des
données et de la téléphonie. En somme, elle permet d'étendre les
bénéfices des communications IP unifiées du réseau filaire, et, à
terme, la richesse fonctionnelle du monde IP à la téléphonie.
2- Une bonne qualité de service
Même si elle repose sur des mécanismes propriétaires, la qualité de
service est possible sur la VoWi-Fi. SVP de SpectraLink gère
l'attribution des priorités sur le media radio, par exemple. Mais ce
type de fonction n'est pas normalisé et la ratification d'IEEE
802.11e se fait attendre. 3 La plupart des fabricants de composants
wi-fi anticipent 802.11e, ce qui devrait activer sa prise en compte
par une mise à jour logicielle.
3- Des coûts encore élevés
Pour permettre des communications vocales satisfaisantes, la
couverture du réseau wi-fi doit être parfaite et étendue à toutes
les zones. Cela implique davantage de points d'accès, l'installation
de câblage Ethernet voire électrique, si les matériels ne sont pas
alimentés par le réseau et donc un surcoût non négligeable. Sans
compter que les combinés VoWi-fi restent beaucoup plus chers que les
terminaux Dect.
4- Un temps d'adaptation
Avec wi-fi, la liaison est brutalement coupée lorsque l'on sort de
la zone de couverture, par exemple si des obstacles importants tels
qu'un mur en béton ou une structure métallique se retrouvent entre
l'utilisateur et le point d'accès. Ce qui peut surprendre les
utilisateurs habitués aux téléphones sans fil Dect ou GSM, dont le
signal peut être détérioré sans pour autant induire une coupure de
la communication.
Posté le 26 février 2005 par _SebF
- source 01Net
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