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L'industrie du disque veut automatiser la lutte anti-piraterie

La SCPP doit déposer
auprès de la Cnil une demande d'autorisation d'utiliser des
logiciels pour l'envoi de messages aux utilisateurs de peer-to-peer
et la récupération d'adresses IP.
L'industrie du disque l'avait évoqué début octobre, au moment des
plaintes déposées contre des utilisateurs de réseaux peer-to-peer :
elle compte automatiser le repérage des adresses IP des internautes
se livrant à des téléchargements illégaux. Pas seulement dans un but
de poursuites judiciaires d'ailleurs, mais aussi pour envoyer en
masse des messages d'information aux internautes. La Société civile
des producteurs phonographiques (SCPP) a annoncé lundi 10 janvier
qu'elle allait déposer la semaine prochaine une demande à la Cnil en
ce sens.
Ce sont les modifications de la loi Informatique et libertés de
début août 2004 qui ont ouvert cet horizon à la SCPP. Le nouveau
texte prévoit, en effet, la possibilité pour des sociétés de gestion
de droits d'auteur de faire du traitement de données personnelles,
dans le cadre de la défense de la propriété intellectuelle.
L'adresse IP étant considérée par la Commission comme une donnée à
caractère personnel, sa collecte est soumise à son autorisation.
Deux prestataires techniques ont été choisis, les sociétés
françaises Advestigo et CoPeerRight Agency, qui fournissent des
outils de repérage sur Internet de fichiers protégés et
d'utilisateurs se les échangeant.
Cibler les actions sur plus gros utilisateurs
La Cnil a deux mois pour répondre. Si la SCPP n'a pas de réponse
passé ce délai, cela signifiera un refus de la demande. Celle-ci
doit répondre à une série de critères servant d'autant de
garde-fous. « Il faut un traitement de données proportionné à
l'objectif recherché , précise Marc Guez, directeur général de la
SCPP, et la sécurité de la confidentialité des informations
récupérées. Il faut aussi préciser le délai de conservation des
données et dire qui va utiliser ces données. En l'occurrence, ce
seront les FAI et l'autorité judiciaire. »
Les FAI, car c'est par eux que l'industrie du disque doit passer
pour envoyer ses messages aux internautes, et la justice, car c'est
évidemment elle qui engage les éventuelles poursuites en cas de
plainte. Mais à aucun moment, la SCPP n'a en main des données
nominatives.
L'automatisation devrait aussi permettre de cibler les actions sur
les plus gros utilisateurs, ceux qui mettent le plus de fichiers à
disposition des autres internautes. En gros, à partir de 2 000
fichiers stockés au moment du repérage. Il reste que le distinguo
entre upload et download n'est pas évident, l'un allant avec
l'autre.
« Même à la main, on tombe généralement sur les plus gros
utilisateurs, car mécaniquement, les outils de peer-to-peer
privilégient les plus gros offreurs de fichiers. » Cela dit, la mise
à contribution de logiciels devrait rendre la tâche, jusque-là
assurée par des agents assermentés, moins fastidieuse et lui donner
plus d'envergure. La SCPP ayant bien précisé que les actions
judiciaires continueront cette année.
Posté le 12 janvier 2005 par _SebF
- source 01Net
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