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La pénurie d'adresses IP, un défi pour les entreprises en 2011
Les adresses suivant le protocole IPv4 seront bientôt épuisées. Et les entreprises restent peu mobilisées sur la question. Les premiers effets de cette pénurie pourraient se faire sentir dès l'année prochaine.
Derrière chaque appareil connecté à Internet, se cache une adresse IP, une suite de chiffres attribuée par le réseau pour identifier ordinateurs, mais aussi « smartphones », tablettes, etc. Ces adresses ont été définies dans les années 1970 par les concepteurs du réseau. Mais Internet n'était alors conçu que pour quelques machines militaires et universitaires. Le protocole IPv4 offrait donc un nombre limité d'adresses, 4,228 milliards précisément. Un nombre qui, selon les experts, devrait bientôt être atteint. D'abord fixée à fin 2012, la fin des adresses IPv4 est désormais estimée fin 2011, du fait de la forte demande dans la zone Asie-Pacifique. Et l'organisme chargé de distribuer les blocs d'adresses au niveau mondial devrait délivrer les derniers disponibles en mars prochain.
Dans les années 1990, un nouveau protocole avait certes été mis en place, offrant un nombre d'adresses IP quasiment illimité (3,4 • 10 puissance 38). Mais le déploiement de ce protocole IPv6 a pris du retard. Selon les estimations, son taux de pénétration serait aujourd'hui inférieur à 8 %, alors qu'il était de 5 % en avril. Certains pays, comme la Chine ou l'Europe du Nord, sont néanmoins en avance et ont déployé d'importants efforts pour basculer vers l'IPv6. En France, la situation est mitigée, certains opérateurs, comme Free, ayant déployé l'IPv6 dès 2007. Mais les entreprises restent largement sous-informées et d'autres opérateurs tardent à rendre leurs réseaux compatibles. Le niveau d'investissement exigé est en effet assez élevé. Le département américain du Commerce estime à plus de 25 milliards de dollars au total les dépenses nécessaires pour passer d'un système à un autre. Pour les opérateurs télécoms français, la facture s'élèverait à plusieurs millions d'euros pour mettre à jour leurs réseaux.
Des coûts importants
Si les particuliers ne devraient pas être très affectés par le phénomène, les opérateurs passant tôt ou tard à l'IPv6, la situation est plus complexe pour les entreprises. Concrètement, celles-ci vont devoir basculer brutalement vers l'IPv6 une fois toutes les adresses IPv4 attribuées. Ce qui pourrait entraîner une hausse de leurs coûts. « Ce ne sera pas un raz-de-marée, il ne faut pas paniquer les gens comme lors du bug de l'an 2000, note Cyril de Metz, directeur général de Nerim, premier opérateur en France à être passé à l'IPv6 il y a près de dix ans. Mais des entreprises seront sans doute obligées de changer leurs routeurs, de faire des modifications importantes sur leurs serveurs, de faire intervenir des SSII… » Dans un Livre blanc publié il y a quelques mois, Nerim délivre plusieurs recommandations pour les entreprises : s'assurer que leur configuration logicielle supporte le nouveau protocole (c'est le cas de tous les systèmes d'exploitation récents), surveiller la configuration matérielle (les nouveaux routeurs sont presque tous prêts) et choisir un fournisseur d'accès compatible.
Une loi d'incitation en France ?
Des parlementaires français se sont récemment emparés du sujet et ont alerté le nouveau ministre de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique Eric Besson. Le thème pourrait être pris en charge par le futur Conseil national pour le numérique, qui doit être installé au printemps. Certains réclament une loi pour accélérer le passage à IPv6, d'autres demandent des subventions pour pallier les dépenses des entreprises. Ailleurs dans le monde, des gouvernements ont adopté des politiques volontaristes en la matière. C'est notamment le cas de la Chine, qui a lancé un plan quinquennal pour préparer le basculement dès 2006, ou plus récemment des Etats-Unis, où les grands opérateurs télécoms sont par ailleurs réunis dans un groupe de réflexion sur le sujet.
Posté le 27 decémbre 2010 par _SebF
- source Nicolas RAULINE
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